Confession d’un amateur de musique, épisode 4 : ma découverte de la musique libre avec Tryad…

Quatrième épisode de cette série, il sera plus fourre-tout que les précédents, car il ne concerne pas un genre en particulier. Mais une méthode de publication, la musique libre.

C’est vers 2006 ou 2007 que je découvre Jamendo, ainsi que des sites comme Altermusique ou dogmazic. Je ne sais plus par quel moyen j’entends parler d’un mouvement que je trouve bizarre : la musique sous licences libres. De la musique qu’on pouvait récupérer gratuitement et légalement, comme je l’avais fait pour mon système d’exploitation.

Un des albums qui cartonnait à l’époque, c’était « Listen » de Tryad. Je sortais d’une époque où je récupérais illicitement un peu de musique commerciale sur des réseaux comme Kazam ou encore sur Limewire… Toute une époque 🙂

J’étais déjà utilisateur de logiciels libres, mais de la musique sous licence libre, je me suis dit « Quoiiiiiiii ? »

J’ai donc lancé la lecture de l’album, m’attendant au pire, et une fois passé la première piste, je tombe sur « Breathe ». Et c’est le coup de coeur.

Je me suis alors mis à fouiller frénétiquement les sites de musique libre, et comme pour la musique commerciale, j’ai trouvé à boire et à manger.

Mais surtout des artistes que j’ai continué de suivre par la suite : Ehma, Roger Subirana (dont je reparlerai dans un futur billet), Zero Project, Strange Zero, In Limbo, Marker Beacon ou plus récemment Lily Anne Jutton. J’ai dû en oublier une tripotée ou deux, mais cela m’a permis de m’ouvrir à des univers musicaux que j’aurais boudé autrement…

En vrac’ rapide et libre mercurien.

En ce jour de Mercure, et veille du jeudi de l’Ascension, un petit en vrac’ rapide et libre.

  • Une distribution vient de nous quitter : La Foresight Linux et son gestionnaire de paquet qui sonnait mal en français, Conary. Dommage, car ce n’était pas une distribution qui « se limite à changer le fond d’écran ».
  • Et une autre distribution revient à la vie, en se basant sur la Slackware Linux 14.1, la distribution légère ConnochaetOS.
  • Handy Linux 2.0 est annoncée pour le 16 mai 2015 ! Ça fait plaisir de voir survivre des distributions GNU/Linux utile.

Et si on parlait musique ?

C’est tout pour aujourd’hui !

L’industrie des copieurs de galettes plastifiées nous prend-t-elle pour des con(ne)s ?

Parfois les actualités se bousculent. Plusieurs actualités m’ont inspiré cet article. La première, c’est la sortie du Rapport Lescure qui est une volonté de taxer encore plus en donnant toujours moins de droits aux utilisateurs.

L’April ou encore la Quadrature du Net ont mis en avant les points faibles du rapport : l’April en parlant de la présence des DRMs, menottes numériques qui tue l’offre légale outre le prix et les limitations d’utilisations qui sont au mieux risibles, et la Quadrature du Net qui montre le rapport que le rapport a été plus ou moins téléguidé par l’industrie culturelle.

Dans un long article intéressant, maître Cyrille sur son arbre perché (désolé !), nous parle d’un frein à l’offre légale, le prix. En prenant toujours le même exemple :

[…]
Comme je l’ai déjà évoqué il y a plusieurs années, on ne peut pas continuer de cette façon, des gens qui sont prêts à payer 600 ou 700 € pour un smartphone d’un côté mais qui refusent de payer quelques euros pour une œuvre culturelle. Comme je l’ai déjà écrit, on ne peut pas avoir 95% de pirates, le système ne peut pas fonctionner, c’est trop. Comme je l’ai enfin écrit on aura beau m’expliquer que le piratage n’a aucune incidence sur les ventes de produits culturels, je n’y crois pas.[…]

En effet, en prenant un cas que je connais, ça m’a permis de m’acheter une partie non négligeable de ma collection de galettes plastifiée qui avoisine les 550 références. Et pour les smartphones à 600 ou 700 €, combien les achètent nus ? Simple question, hein 🙂

Le noeud du problème, c’est le prix. Oui, les biens culturels sont trop chers. Il n’est pas rare de voir des CD à 16 € pour un simple. Si on sort en gros 20% de TVA et 3 à 4% de marge du distributeur, le CD coute à produire… environ 11 ou 12 €. Et sur les 11 ou 12 €, combien toucheront les artistes qu’ils soient ultra connus ou débutant ? 2 ou 3 € dans le meilleur des cas ?

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Virgin et les grandes surfaces culturelles, victime du méchant Internet ? En partie…

Dans un excellent article, Sebastien Musset nous décrit les causes de la chute de Virgin Mégastore :

En gros : le manque d’innovation, ne pas avoir pris le virage internet ni de la vente par correspondance, les capitaux détenus par un fonds spéculatif, le coût artificiellement élevé des galettes plastifiées, la dématérialisation du contenu.

Il faut dire que je suis un grand consommateur de musique, spécialement avec des groupes qui serait introuvables sans internet. Allez demander à un vendeur de ce genre de grande surface culturelle s’ils ont le dernier Amanda Palmer, et vous aurez droit à des yeux exorbités par l’ignorance dans la plupart des cas. Ne parlez pas d’Hope Sandoval, vous ne voudriez pas avoir une tentative de suicide sur les bras, voyons…

Sur les photos suivantes, il y a environ 224 albums. Sachant que j’ai quelque chose comme 480 galettes, le calcul me donne environ 46,67% de ma musicothèque qui n’aurait pas lieu d’être sans Internet… Collection que j’ai constitué depuis le début de l’année 2010, en presque 3 années. Ce qui est énorme, et je pense avoir oublié une demi-douzaine d’albums dans mon recensement…

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Les plateformes PUR (au sens hadopiesque du terme) ont-elles hontes de ce label ?

Dans sa lutte contre la copie illicite l’usine à gaz qui coute 12 millions aux contribuables, j’ai nommé l’Hadopi (ou encore l’usine à erreurs monstrueuses et constantes, la dernière étant leur incapacité à vraiment sécuriser leur rapport au format PDF), il y a eu la création d’un label PUR (pour Promotion des Usages Responsables).

Il est vrai que ne pas avoir de DRMs, de la musique non dégradée en terme de qualité d’écoute et surtout lisible partout doit être un ensemble d’idées incompréhensibles… Et à prix abordable, pas aussi cher que pour un support matériel comme une galette de plastique qui ne rentre pas dans un baladeur numérique 🙂

J’ai fait un tour sur les plateformes musicales labellisées comme PUR (comme jadis à une certaine époque on cherchait le sang juif jusqu’au arrières-grand-parents, désolé pour le rapprochement plus que douteux, mais le terme PUR me fait penser à la PUReté du sang), et voici la liste des plateformes et l’apposition du logo.

J’ai remarqué que la liste des sites PURifiés, il y a parfois le même nom qui apparaît en double. Bug de mon Mozilla Firefox en pré-alpha ?!

  • CD1D : pas de logo PUR sur la page d’accueil.
  • Orange Music Store : un beau logo sur la page d’accueil
  • altermusique : un anti-clin d’oeil, car même si le site est déclaré comme PUR, il se moque gentiment du label.
  • iTunes : l’un des pionniers en matière de musique dématéralisée. Aucun logo nulle part.
  • AlloClips Mobile : étant un certain univers-sale, pas besoin de se poser la question.
  • Disquaire Online : aucun logo sur la page d’accueil.
  • fnac.com : Un superbe logo PUR dans la colonne de droite…
  • Qobuz : logo fixe dans la présentation, immanquable…
  • MyClubbingStore : bien que le site soit gavé jusqu’à ras-la-gueule de publicités, pas de logo PUR. –
  • Beezik : le site de musique qui vous force à écouter de la pub avant d’avoir accès à votre morceau… Logo PUR à coté de la barre de recherche.
  • eCompil : voir l’entrée AlloClips Mobile. De plus, un logo si énorme qu’il doit bien manger 10% de l’espace d’affichage. Au secours !
  • MySurround : aucun logo.
  • Musicovery : Un minuscule logo PUR planqué en bas à droite. –
  • AmazonMP3 : aucun logo, mis à part celui d’Amazon en bas de page…
  • 7digital : le site utilisé par Canonical pour son Ubuntu One Music Store. Aucun logo nulle part.
  • Off.tv : Malgré que ce soit un site univers-sale, pas de logo.

A peine la moitié des plateformes labellisées affichent le logo. Quel succès ! 🙂

Petite photo pour finir. Voici la collection des albums en format matériel que j’ai pu acquérir sur des plateformes non certifiées, voire que j’ai acheté après les avoir écouté de manière « inPURe »… En clair, en ne passant par aucune plateforme labellisée PUR.

Rien que 48 albums… Dont 1/3 téléchargé gratuitement et légalement, puis gravé par moi-même.

Sans oublier que sans certaines pratiques illicites, je n’aurais jamais acheté des albums d’artistes qui ne me parlait pas du tout, voire que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, et j’aurais eu une culture musique vraiment atrophiée, et ma collection de CDs réduite d’un bon tiers…

En vrac, entre les achats et les téléchargements gratuits légaux (sur des plateformes comme Dogmazic, Bandcamp, Noomiz, etc…), des achats directement sur les magasins des créateurs, etc…

Bref, en sautant une étape : les intermédiaires… Directement du producteur au consommateur 🙂

Idée révolutionnaire, non ?