Chronique d’un ex‑enfant de la télé : comment j’ai largué le petit écran sans même m’en rendre compte…

Il fut un temps — oui, je sais, ça fait vieux con et je l’assume — où le téléviseur était le centre de gravité de mes journées. Pas seulement un meuble, pas seulement un écran. Le truc autour duquel on organisait les soirées, les repas, parfois même les devoirs. J’étais un enfant de la télé, un vrai, un pur, un qui connaissait les grilles de programmes par cœur – ou presque – et qui attendait le générique de fin comme d’autres attendent la messe du dimanche.

Et puis, comme souvent, ce qui semblait éternel a commencé à se fissurer. La rupture n’a pas été brutale. Pas de scène dramatique, pas un larmoyant « c’est fini, je te quitte ». Non. Juste une érosion, lente mais irrévocable : D’abord, j’ai commencé à rater des émissions. Ensuite, ne plus savoir le programme de la soirée. Ne plus reconnaître les animateurs et animatrices interchangeables. Et passer un ou plusieurs jours sans allumer le petit écran.

Et un matin, en passant devant l’écran éteint, j’ai réalisé que je n’avais plus changer les piles de la télécommande depuis une éternité. Le divorce était officialisé, consommé. Au profil du grand nain ternet. Quand le web est arrivé, j’ai compris qu’il allait changer pas mal de chose…

Loin du formatage du petit écran, le choix et la pluralité d’opinions revenait en force, même s’il fallait faire du tri. On était loin avec la toile de ces émissions de variété clonées les unes sur les autres. Plus de rires en boite, plus d’animateur qui pour faire rire fout des nouilles dans le slip d’un chroniqueur. Un vent de fraîcheur donc.

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L’impossible neutralité de l’utilisateur de logiciels libres… Quelle belle illusion !

Ou comment chaque choix te transforme en hérétique pour quelqu’un, quoi que tu fasses… Il y a des mythes qui font sourire :

Le Père Noël. Les licornes. Les mises à jour Windows qui ne cassent rien – quoique c’est mon expérience ici – et puis il y a le plus drôle de tous : l’utilisateur de logiciels libres neutre.

Celui qui « ne veut pas de drama », qui « utilise ce qui marche », qui « ne prend pas parti ». Mais bien sûr. Et moi je suis Richard Matthew Stallman. Dans le libre, tu es coupable avant même d’avoir installé quoi que ce soit.

Tu crois que tu peux choisir une distribution sans déclencher une guerre civile ? Bienvenue dans le monde réel.

  • Archlinux ? « Un snob qui croit que lire un wiki fait de lui un gourou. »
  • Debian ? « Un ancêtre qui pense que la stabilité, c’est rester bloqué en 2020. »
  • Gentoo ? « Un célibataire forcené qui compile pour oublier qu’il n’a presque plus de vie sociale. »
  • Ubuntu ? « Un traître vendu à Canonical, l’Empire du Mal. »
  • Fedora ? « Un agent double de Red Hat/IBM, prêt à sacrifier son chat pour un RPM propre. »

Tu n’as encore rien dit, rien fait, rien demandé. Pourtant, tu es déjà dans une case, et elle n’est jamais flatteuse. Le libre adore les guerres de tranchées. Il n’est rien sans cela.

Tu veux voir des adultes se comporter comme des enfants de 5 ans privés de dessert ? Prononce « systemd ». Tu vas assister à un spectacle fascinant : cris, larmes, citations de Lennart Poettering sorties de leur contexte, et un type qui jure qu’OpenRC « c’est l’avenir, vraiment ».

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Bientôt 29 ans sur Internet… Quel voyage !

Si de nos jours avoir un accès internet est devenu la norme, j’ai fait parti de la première génération d’internautes en France. Celle des années 1995 à 2000. C’est en août 1997 que nous recevons dans la boite aux lettres un courrier un peu épais. Il contient un CD pour un fournisseur d’accès à Internet. De mémoire, il s’appelait France Explorer. Aucun abonnement à payer, juste les communications, comme fera Free à partir de 1998.

Je me souviens que le premier site internet que j’ai visité, c’était celui d’Id Software qui travaillait alors sur le futur Quake 2. Ensuite, c’est assez flou. Cependant à l’époque les FAI purs ont moins de succès qu’AOL, Compuserve, MSN ou encore le français Infonie. Ce sont des services en ligne avec accès à la toile. Je me souviens encore d’AOL – popularisé par le film de Nora Ephron « You’ve got m@il », « Vous avez un mess@ge » avec Tom Hanks et Meg Ryan – et aussi de Compuserve où les utilisateurs étaient connus sous la forme d’une série de chiffres.

Ensuite, entre les rachats de FAI entre eux, l’arrivée du troublion Free et son accès gratuit à Internet – j’ai encore le courrier reçu courant 1998 dans mes archives – et d’autres comme Liberty Surf par exemple – pour les autres, ma mémoire me joue des tours – la bulle internet et ses sites mythiques comme MultiMania, Altern.org, Kelkoo, ou encore le fameux boo.com qui fut la première faillite dans le monde de ce qu’on appelait alors la Nouvelle économie, la naissance de Google comme moteur de recherche épuré, surtout aux grands noms de l’époque comme Yahoo ou Altavista, tellement de choses sont passées.

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Tiens, ça faisait longtemps qu’on ne m’avait pas draguer :)

Durant des années, j’ai reçu des propositions pour publier du contenu pré-rédigé et me faire quelques piécettes en retour. Même si ça s’est arrêté vers 2015-2016, j’avais gardé pour le plaisir les tentatives de dragues éhontées. Et puis plus rien pendant des années. Je pensais être enfin libéré de cette vérole que je clouais au pilori plus ou moins directement. Mais elle est revenue sous une autre forme. Celle d’un courrier électronique qui restera lettre morte, mais que j’ai quand même voulu vous partager en caviardant toutes les infos qui pourrait permettre d’identifier l’origine.

J’ai comme l’impression que c’est un courrier pré-rempli et complété avec une base de données un peu bizarre. En quoi mon profil – abandon de YouTube en novembre 2018 – pourrait être intéressant ?

Sans oublier que sur mon instance peertube, je fais quelques dizaines de vues par vidéo, rarement plus. Autant dire que je suis une personne qui n’a aucune influence, d’ailleurs je ne me suis pas exilé fiscalement à Dubaï. Autant dire que le courrier électronique m’a bien fait rire. Surtout le :

[…]Avec l’équipe, on a flashé sur ton profil et on aimerait vraiment que tu t’inscrives[…]

Est-ce qu’à l’âge honorable de 52 ans il est raisonnable d’être courtisé comme un gamin de 25 ans ? Je ne le pense pas.

Comme je l’ai précisé, je n’ai pas donné suite – et je ne donnerai pas suite – à ce courrier qui va rester dans les courriers les plus étranges que j’ai pu recevoir depuis que j’ai fait mes premiers pas sur la toile en 1997.

Sur ce, bonne fin de journée !

Vieux geek, épisode 411 : Ah la grande époque des jeux vidéo qui ne sortaient qu’une fois finis…

Quand j’ai commencé l’informatique personnelle, en 1988, j’avais acheté quelques logiciels – ludiques ou pas – pour mon Amstrad CPC 6128. Bien entendu, il y avait les limitations des ordinateurs 8 bits, mais pour une personne qui ne connaissait presque rien en informatique à l’époque, c’était de la magie à l’état pur.

Et surtout, il y avait quelque chose de complètement différent avec les jeux des années 2020. Les équipes de développement devaient se sortir les doigts du cul pour pondre des jeux à la fois plaisant et esthétique. Mais il y a une espèce de peste, c’était les ports en provenance du ZX Spectrum sans rien modifier ou presque.

J’avais parlé des Speccy ports en janvier 2017. Et je ne sais combien de jeux ont été ainsi porté à la va-vite, juste histoire de sortir quelque chose.

En clair, les jeux sortaient quand ils étaient terminés, peu importe que ce soit de sombres merdes ou des réalisations de qualité. L’arrivée des premiers jeux à correctifs post publication, ça remonte au jeu vidéo sur le PC, vers 1992-1993. En effet, quand Doom est sorti fin 1993, il connaitra les versions 1.0, 1.1, 1.2, 1.25 (si, si c’est possible), 1.666 (en synchronisation avec Doom II), 1.7, 1.8 et 1.9. Le tout entre 1993 et 1995.

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