Vieux geek, épisode 421 : Ah, Gmail en 2004…

Oui, pour une fois, ce sera un article sans la moindre vidéo. J’ai envie d’évoquer un service qui est maintenant utilisé par des millions – milliards ? – de personnes dans le monde. Gmail n’a pas inventé le principe d’une boite de courriers électronique en ligne et donc joignable de partout ou presque.

Depuis la première bulle de l’internet – qui éclata en 2001-2002 – il y a eu des services de courriers en ligne. Caramail, Hotmail – racheté rapidement par Microsoft – et même Yahoo Mail. Autant dire que c’est un vieux concept, dont j’ai connu les premiers pas. À l’époque, on avait un ou plusieurs comptes de courriers électronique chez son fournisseur d’accès à Internet. Je me souviens encore de mon compte free ouvert en 1998… Même si celui-ci n’est plus disponible malheureusement.

Quand Gmail devient disponible le 1er avril 2004, il tape fort. Au lieu d’une poignée de Mo sur les courriers en ligne classique, on a directement droit à… 1 Go ! Oui, c’était énorme pour l’époque. Mais il y avait une contrepartie. Il fallait avoir une invitation pour créer un compte.

J’ai dû attendre le mois d’août ou de septembre 2005 pour qu’un générateur donateur ne me fasse le don d’une invitation. J’ai ensuite pu créer un compte, mon compte principal qui fête ses 25 ans en 2026. Côté fiabilité, je pense qu’aucune question ne se pose vraiment.

Mais il ressemblait à quoi Gmail en 2004 ? Sur un site qui s’appelle « Web Design Museum », on peut avoir l’aperçu de la page d’accueil de certains sites célèbres, dont Gmail. J’aurai bien utilisé la Wayback Machine d’Archive.org mais Gmail est indisponible. Et en 2004, c’était plutôt austère, mais fonctionnel !

L’inscription bêta du site disparaitra en 2008, 4 ans après le lancement du site. Quant à l’utilisation d’invitation, elle a du disparaître entre 2005 et 2008. Du moins si on en croit les captures d’écran. Cela me fait tout drôle de me dire que mon blog et mon adresse de courrier électronique principale sont du même âge !

Comme le temps passe vite !

Mon épopée informatique. Quelle évolution en 38 ans…

Je l’ai déjà abordé plusieurs fois, mais j’ai commencé à m’intéresser à l’informatique plutôt jeune, même s’il a fallu que j’attende le Noël de 1988 pour avoir mon premier ordinateur. Un Amstrad CPC 6128 avec un processeur Z80 à 3,33 Mhz et 128 Ko de mémoire vive avec son écran couleur de 14 pouces. C’est l’ordinateur que j’ai gardé le plus longtemps avant de commencer un long chemin. Et je suis revenu sur les ordinateurs 8 bits pour le rétroludique, spécialement avec un Commodore 64 de 1985.

J’ai connu la génération des ordinateurs 16 bits avec l’Amiga 1200 et son 68EC20 – une version castrée du 68020 – à 14 Mhz et une mémoire royale de 2 Mo. Soit 16 fois plus que plus que mon premier ordinateur. Pas de disque dur à l’époque.

Je passe ensuite sur PC avec un Cyrix 486DX2 à 66 Mhz et 4 Mo de mémoire avec un disque dur de 250 ou 300 Mo. Bien que le processeur soit un 32 bits, je me trimballe durant un an le duo MS-DOS 6.22 et MS-Windows 3.11 avant de gonfler mon 486 à 12 Mo pour y installer MS-Windows 95.

Les années qui suivent me voit utiliser des Pentium classiques, puis MMX. Même un Athlon XP 1700+ en 2001-2002. Je continue avec un Pentium 4 à 2,6 Ghz de mémoire vers 2003-2004 de mémoire. Quant à la capacité de mémoire, je ne m’en souviens plus, mais ça devait tourner dans les 512 Mo. Vous me corrigerez en commentaire si je me trompe.

S’en suit une période avec le MacMini première génération avec son PowerPC G4 à 1,42 Ghz… Et 512 Mo de mémoire vive, le tout sous MacOS-X 10.4 alias Tiger. Je retourne ensuite sur PC et au fil des années je passe aux processeurs 64 bits, et je me souviens d’avoir installer Ubuntu 6.10 en février 2007. C’est vieux tout ça !

Et depuis octobre 2024, j’utilise un PC basé sur un Ryzen7 5700g à 3,8 Ghz et 32 Go de mémoire vive. La vitesse d’horloge a été en gros multipliée par mille. Quant à la taille de la mémoire vive ? Sachant qu’un Mo, c’était 8 fois la taille de la mémoire de mon premier ordinateur. Pour le Go, on multiplie par 1024. Soit 8192 fois la taille de la mémoire de l’Amstrad CPC. Et si on multiplie par 32, cela donne 262144 fois plus de mémoire. C’est un chiffre tellement énorme qu’on a du mal à imaginer une telle progression.

Ça me file le vertige. Et vous ? Sur quel ordinateur avez-vous commencé ? Dites-le en commentaire. Merci !

Vieux geek, épisode 420 : Multiplan, l’adversaire Microsoftien de Lotus 1-2-3.

Dans l’épisode 419 de la série Vieux geek, je parlais du tableur Lotus 1-2-3. Microsoft proposa aussi un tableur pour MS-DOS, Multiplan.

Sorti en 1982 d’abord pour le CP/M, il arrive rapidement sur MS-DOS / PC-DOS, ayant même une version pour le C64. Non, la capture d’écran ci-dessous n’est pas un photomontage. Bien qu’inspiré par Visicalc, la dénomination des cellules est assez spéciales. Au lieu des colonnes A, B, C, etc… On a R1C1 pour la cellule A1, R1C2 pour la cellule B1, ou encore R2C3 pour la cellule C2.

Multiplan sera développé pour de nombreuses plateformes, dont la première génération de Mac d’Apple, et même l’Apple II en utilisant la carte avec un Z80 pour lancer la version CP/M du tableur.

Plutôt rudimentaire, il a une ergonomie qui fait un peu penser à celle de Lotus-1-2-3 mais en moins bien terminée. En utilisant Dosbox-X, j’ai pu installer une des dernières versions du logiciel, la version 4.20 datant de 1990, mais uniquement en anglais.

Vous l’avez vu, il fallait être patient pour utiliser ce genre d’outils. Microsoft Excel, d’abord proposé pour le Mac avant d’arriver en même temps que MS-Windows 2.x seront les derniers clous du cercueil de ce vénérable ancêtre.

Vieux geek, épisode 419 : Lotus-1-2-3, la killer app qui a imposé le PC comme ordinateur sérieux.

Lotus 1‑2‑3, lancé en 1983, a été le logiciel qui a fait décoller le PC d’IBM. À une époque où MS‑DOS débutait et où la bureautique était encore primitive, ce tableur écrit en assembleur – excusez du peu, la réécriture en langage C ayant commencé avec sa version 3.0 – a apporté vitesse, stabilité et efficacité. Les entreprises achetaient des PC pour l’utiliser, tout simplement. Comme jadis quelques années auparavant, les Apple II se vendaient pour faire tourner Visicalc, le premier tableur.

L’interface était minimale : écran texte, menus accessibles via /, navigation 100 % clavier. Pas de souris, pas de fioritures. Lotus proposait trois fonctions essentielles : un tableur solide, une petite base de données, et des graphiques simples mais suffisants pour les besoins professionnels de l’époque.

Les versions DOS se sont succédé — 1.0, 2.x, 3.x, puis 4.x — en améliorant les macros, la gestion mémoire et la compatibilité vidéo, tout en conservant la même philosophie : aller droit au but et exploiter au maximum le 8088. Il y a eu même deux versions pour OS/2, en 1990 puis en 1993, c’est dire l’influence du logiciel.

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Vieux geek, épisode 418 : Juin 1996, mois de sortie du mythique « Quake » d’Id Software.

Fin juin 1996 publie la première version stable du FPS qui a succédé au duo Doom et Doom II sorti deux ans plus tôt. On est encore à l’époque à faire tout le rendu en passant par le microprocesseur. Les premières cartes d’accélération 3D comme la mythique Voodoo de 3Dfx n’arriveront que fin 1996, début 1997.

Quake est un FPS important, car c’est le premier en vraie 3D. Ici, il n’y a plus de sprites pour les ennemis, les objets ou encore les ressources. Tout est en objet 3D. Il demande une machine plutôt costaude, un Pentium 90 voire 120 Mhz avec 16 Mo de mémoire vive est indispensable.

C’est le dernier FPS pur MS-DOS, en dehors des ports qui existèrent par la suite, comme celui pour Linux par exemple. Tout est marquant.

Les zombies qui s’arrachent des morceaux pour vous blesser, les fiends qui veulent vous étriper, les ogres qui vous font goûter au duo improbable tronçonneuse et lance grenade. Les poissons qui vous mordent. Les scrags, les torses volants, qui vous crachent dessus… Sans oublier l’impitoyable shambler – devenu lourdaud en VF ? – qui vous donne des baffes et vous balance des éclairs en pleine poire.

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