Souvenir d’un vioque, épisode 4 : Le tableau noir et la craie, incontournable dans les années 1980.

Le tableau noir, c’était un bloc de bois et d’ardoise, un peu cabossé, un peu terne, mais diablement vivant. On y écrivait avec de la craie, cette petite baguette blanche qui se cassait dès qu’on appuyait trop fort. Elle crissait parfois, faisant grincer des dents des générations d’écoliers. Mais elle avait ce charme tactile que les écrans n’auront jamais.

La poussière de craie, c’était presque un personnage à part entière. Elle s’accrochait aux doigts, aux manches, aux cheveux. Elle formait un petit nuage quand on effaçait trop vite, un nuage qui sentait l’école, le sérieux, l’effort. Sans oublier les séances de frappe avec les brosses à effacer sur les murs et les troncs d’arbres. Gare aux personnes allergiques à la dite poussière, c’était une arme de destruction massive à elle-seule.

Maintenant, on a des tableaux interactifs, des stylets numériques, des surfaces qui brillent plus que les yeux d’un élève le dernier jour avant les vacances. C’est pratique, oui. C’est propre, oui. C’est moderne, évidemment.

Mais c’est froid. Ça ne crisse pas, encore heureux ! Ça ne laisse pas de traces sur les doigts.

On a troqué la poussière contre des pixels, la craie contre des menus déroulants. Et on a perdu ce contact physique avec les tableaux noirs, et notre peur qui torturait les intestins quand on était appelé à corriger un exercice de maths en direct avec le ou la prof qui semblait dégager une dose de sadisme. Voir souffrir l’élève, c’était un plaisir de fin gourmet à l’époque.

Et un lâche soulagement quand on n’était pas appelé. Il fallait juste le cacher, rester discret.

Aujourd’hui, tout est propre, net, calibré. Mais parfois, juste parfois, on aimerait réentendre ce petit tchik-tchik de la craie qui court sur l’ardoise… Ou pas !

Vieux geek, épisode 414 : Ah, la mémoire vive et son évolution depuis mes premiers pas dans les années 1980…

Je l’ai précisé plusieurs fois, au fil des années, j’ai commencé l’informatique assez tôt, vers l’âge de 14 ans pour noël 1988 avec mon premier ordinateur, un Amstrad CPC 6128. Il avait des avantages comme être un ensemble tout-en-un, avec son écran, son lecteur de disquette intégré – avec un format pourri, le 3 pouces dont chaque disquettes coutaient 20 francs, soit dans les 3 € pièce – un Basic évolué, et quelques manques comme l’absence d’un port cartouche et de sprites matériels.

Mais je n’avais pas l’option de faire la fine gueule. C’était mon cadeau de noël. J’y ai fait mes premières armes. La mémoire se comptait alors en Ko. Je conservais cet ordinateur durant plus de 5 ans.

C’est quand j’ai changé d’ordinateur en 1993 que je passais au Mo de mémoire vive. L’unité de compte suivante. Avec un Amiga 1200 et ses pauvres 2 Mo par défaut. C’était pas grand-chose au final, mais j’étais ébloui d’avoir autant de mémoire avec laquelle faire mumuse.

Je conservais mon Amiga 1200 dans les 18 mois avant de migrer sur PC avec un gros PC au format de bureau à l’horizontale. Et je passais à 4 Mo de mémoire, que j’étendis rapidement à 12… Tout cela pour faire fonctionner l’ogresque MS-Windows 95…

Le passage au Go ? Je crois l’avoir fait vers 2003-2004. En pleine période MS-Windows XP. Je me souviens que j’étais étonné d’avoir l’opportunité de gérer autant de mémoire dans un ordinateur. Puis j’ai connu les 4, 8, 16 et enfin 32 Go en standard.

128ko, c’est 1/8 de Mo. Donc 8 fois la capacité pour 1 Mo. 1 Go, c’est 1024 Mo. Soit 8192 fois la taille de la mémoire de mon CPC. Et 32 fois ça ? 262 144 fois la taille de la mémoire de mon CPC… Sacrée évolution en moins de 40 ans. Je pense que je ne verrai pas l’étape suivante, celle du To… Qui vaut 1024 Go.

Oui, je sais que j’aurais du employer les KiB, MiB, GiB et autre TiB. Mais étant un vieux con, je suis attaché aux anciennes appellations qui sont plus pratique à manipuler.

Et vous, c’était quoi la capacité mémoire de votre premier ordinateur ?

Souvenir d’un vioque, épisode 2 : Ah, les polycopiés !

Pour ce deuxième article de la série des souvenirs d’un vioque, je vais rester à l’école primaire. Il y a des objets qui ont complètement disparus : la craie – blanche ou de couleur – qu’on cassait pour éviter qu’elle ne grince sur le tableau, les fiches de lecture – dont j’ai parlé dans le premier article – les pots de colle Cléopatra et leur couvercle qui avait une espèce de tige plate qui servait à l’application de la colle sur la feuille de papiers, ou encore les ardoises à craie.

Mais ici, je vais parler d’une forme oubliée de fiches. Les polycopiés. Créés à partir d’une feuille de papier carbone, on mettait la copie dans un appareil spécifique. Ensuite, on tournait la manivelle et une impression à l’alcool arrivait.

La plupart du temps, c’était des feuilles avec de l’écriture manuscrite – pratique en cours de perdition si l’on en croit cet article de Science et Vie – le tout au format A4 avec une écriture bleu tendant vers le violet.

Des feuilles dont l’écriture s’effaçait avec le temps. Autant dire qu’il fallait rapidement faire les exercices sous peine de se retrouver avec une feuille blanche.

Je me souviens encore de l’odeur enivrante quand les polycopiés étaient fraichement sortis. C’était les ancêtres des photocopies qui sont devenues la norme. Ça n’a plus le charme du côté artisanal de ces fiches. Tout se perd !

Allez, bonne fin de journée, et désolé si vous avez connu comme moi les polycopiés et que vous vous êtes pris une dose non homéopathique de nostalgie !

Souvenir d’un vioque, épisode 1 : les fiches de lecture à l’école primaire.

Alors que je marchais tranquillement, il m’est revenu en mémoire un souvenir d’école. Ce devait être en CM1, donc pour moi l’année scolaire 1983-1984, à l’école Gambetta dans la ville dites des 7 ports, Gujan-Mestras en Gironde. Je n’ai que peu de souvenirs de l’école primaire, mais celui-ci est resté vivace.

À l’époque, une fois par semaine, on avait des fiches à lire, de différentes couleurs en fonction de l’avancement dans l’apprentissage de la lecture. Le premier niveau, c’était les fiches rose. Ensuite venait les fiches bleues, puis les plus recherchées, les fiches jaunes. Ces dernières proposaient des extraits de bande dessinées. Pour des enfants de 9 ou 10 ans, c’était le Graal à atteindre.

Je ne me souviens pas l’avoir atteint, malheureusement. Ce qui ne m’a pas empêché par la suite de me plonger dans la lecture, même si depuis quelques mois, je n’arrive plus à ouvrir un livre sans m’ennuyer ferme. Comme quoi. Mais je sens encore l’odeur du carton, et je me revois en train de lire une fiche sur le métier de nez dans l’industrie du parfum. Un sujet un peu mature pour des gosses à mon âge, mais c’était simplifié pour que la compréhension en soit meilleure.

J’ignore si une quarantaine d’années après mon passage en CM1, ce genre de fiches existe encore. Mais cela serait bien étonnant !

Et vous, si vous avez la cinquantaine plus ou moins bien tassée, avez-vous connu ces instruments pédagogiques ?

Dans les années 1980, le français dans les jeux vidéos…

…C’était pas la joie. Activité principalement anglophone, 95% des jeux vidéos, quelle que soit la plateforme concernée, c’était en anglais et c’est ainsi que nombre de personnes de ma génération (la génération X) ont eu un premier contact avec l’anglais.

Un contact peu orthodoxe, mais un premier contact quand même. Dans un article récent, je parlais des efforts de Micro Application pour proposer une logithèque en français.

Cependant, la traduction était faite à la truelle et à la va-vite en se disant que les enfants – qui étaient les cibles primaires des dits jeux – ne les finiraient pas en mettant une difficulté monstrueuse.

Un peu à l’image des jeux espagnols sur l’Amstrad CPC. Qui a fini « Game Over » de Dynamic Software à l’époque ? Je dois dire que je n’ai jamais vu plus que la moitié de la première partie.

Bref, les éditeurs comptaient sur la dite difficulté pour se rassurer sur le fait que personne ou presque ne verrait la fin. Ce qui leur permettait de prendre quelques facilités avec la traduction.

Un exemple, c’est le jeu « Le voyageur du temps » sur le Commodore 64 publié par Radar Soft à l’origine avant d’être adapté pour le public francophone par Micro Application. On a droit à un « éclaire torche » au lieu d’un plus logique « allume torche »… Faut pas chercher à comprendre !

Mais le mieux est de voir la solution complète du jeu que j’avais traduit sur la fiche CASA en parlant de la solution anglophone. Et je peux vous dire que cela a été une longue et douloureuse épreuve, surtout quand la traduction française n’avait rien à voir ou presque avec la version anglaise.

Bon, depuis la loi Toubon de 1994, il faut proposer au minimum un manuel en français si le jeu ne ne peut pas l’être. Même Doom 2 avec une traduction française partielle… Si ça existe… La preuve en vidéo !

Bon des progrès ont été faits depuis les années 1980, mais vu le point de départ, ce n’était pas trop dur pour obtenir des améliorations.