Vieux geek, épisode 420 : Multiplan, l’adversaire Microsoftien de Lotus 1-2-3.

Dans l’épisode 419 de la série Vieux geek, je parlais du tableur Lotus 1-2-3. Microsoft proposa aussi un tableur pour MS-DOS, Multiplan.

Sorti en 1982 d’abord pour le CP/M, il arrive rapidement sur MS-DOS / PC-DOS, ayant même une version pour le C64. Non, la capture d’écran ci-dessous n’est pas un photomontage. Bien qu’inspiré par Visicalc, la dénomination des cellules est assez spéciales. Au lieu des colonnes A, B, C, etc… On a R1C1 pour la cellule A1, R1C2 pour la cellule B1, ou encore R2C3 pour la cellule C2.

Multiplan sera développé pour de nombreuses plateformes, dont la première génération de Mac d’Apple, et même l’Apple II en utilisant la carte avec un Z80 pour lancer la version CP/M du tableur.

Plutôt rudimentaire, il a une ergonomie qui fait un peu penser à celle de Lotus-1-2-3 mais en moins bien terminée. En utilisant Dosbox-X, j’ai pu installer une des dernières versions du logiciel, la version 4.20 datant de 1990, mais uniquement en anglais.

Vous l’avez vu, il fallait être patient pour utiliser ce genre d’outils. Microsoft Excel, d’abord proposé pour le Mac avant d’arriver en même temps que MS-Windows 2.x seront les derniers clous du cercueil de ce vénérable ancêtre.

Vieux geek, épisode 419 : Lotus-1-2-3, la killer app qui a imposé le PC comme ordinateur sérieux.

Lotus 1‑2‑3, lancé en 1983, a été le logiciel qui a fait décoller le PC d’IBM. À une époque où MS‑DOS débutait et où la bureautique était encore primitive, ce tableur écrit en assembleur – excusez du peu, la réécriture en langage C ayant commencé avec sa version 3.0 – a apporté vitesse, stabilité et efficacité. Les entreprises achetaient des PC pour l’utiliser, tout simplement. Comme jadis quelques années auparavant, les Apple II se vendaient pour faire tourner Visicalc, le premier tableur.

L’interface était minimale : écran texte, menus accessibles via /, navigation 100 % clavier. Pas de souris, pas de fioritures. Lotus proposait trois fonctions essentielles : un tableur solide, une petite base de données, et des graphiques simples mais suffisants pour les besoins professionnels de l’époque.

Les versions DOS se sont succédé — 1.0, 2.x, 3.x, puis 4.x — en améliorant les macros, la gestion mémoire et la compatibilité vidéo, tout en conservant la même philosophie : aller droit au but et exploiter au maximum le 8088. Il y a eu même deux versions pour OS/2, en 1990 puis en 1993, c’est dire l’influence du logiciel.

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Vieux geek, épisode 417 : VisiOn, la première interface graphique pour l’IBM PC.

Certaines personnes pensent que la première interface graphique pour l’IBM PC a été MS-Windows 1.0.1 en 1985, dont j’ai parlé dans un article vieux geek en mars 2019.

Cependant, Microsoft avait été devancé par une entreprise du nom de VisiCorp qui a sorti dès 1983 avec un produit du nom de Visi On. Cependant l’ensemble est gourmand : il faut au minimum 512 Ko de mémoire vive et un disque dur de 5 Mo minimum. Pour mémoire, MS-Windows 1.0.1 ne réclamera que 320 Ko de mémoire et 720 Ko d’espace disque.

Une légende veut qu’un jour Bill Gates tomba sur Visi On lors du Comdex de 1982 et eut une trouille monstrueuse : il n’avait pas de produit concurrent à proposer. C’est ainsi que naitra le projet « Interface Manager » devenu par la suite MS-Windows.

On est au début de l’interface graphique pour PC. Le premier Amiga ne sortit qu’en 1985, tout comme le premier Atari ST. La seule interface graphique « grand public », c’est le horriblement couteux Lisa d’Apple. Le MacIntosh ne sortira que début 1984.

L’ergonomie est spéciale. Les menus d’actions sont en bas des fenêtres et non en haut. Pour éviter un procès de la part d’Apple ? On peut utiliser une souris à deux boutons. Le bouton gauche pour sélectionner, le bouton droit pour faire défiler les textes non lisibles autrement.

J’ai donc fait chauffer mon ami OBS Studio et j’ai capturé Visi On 1.x que j’ai récupéré chez WinWorldPC.

Vous l’avez vu, sur certains plans, on a déjà des bonnes bases. Il est cependant dommage que l’on ne puisse pas contrôler à la souris l’emplacement des fenêtres, même si la fonctionnalité de redimensionnement est intéressante. Cependant, c’est une GUI gourmande. J’ai apprécié le tutoriel, les options plutôt complètes et l’aide en ligne toujours disponible. Sans oublier la puissance du Visi On Word qui pave le chemin de mastodonte comme MS-Word ou WordPerfect. Un peu primitif, mais tellement prometteur.

Vieux geek, épisode 416 : MS-Windows 3.2, une version un peu oubliée de MS-Windows.

Entre 1990 et 1995, Microsoft s’est fait des gonades en or massif avec MS-Windows 3.0, puis les versions 3.1x, qu’elles soient ou pas pour les groupes de travail – Workgroups en anglais. Mais ce serait oublier une version destinée à un marché spécifique, la Chine avec MS-Windows 3.2, sorti en 1993-1994. Non, je n’ai pas abusé de substances illicites, mais il existe une version en chinois simplifiée pour les PCs de l’époque.

Quand on récupère cette version – par exemple sur WinWorld PC – on s’aperçoit qu’elle est plus lourde. En effet, au lieu des 8 disquettes habituelles de MS-Windows 3.11 pour Workgroups, on se retrouve avec 11 disquettes, les deux dernières étant les disquettes A et B. Tiens d’un coup, des souvenirs de notation hexadécimale me viennent à l’esprit 🙂

Il existerait un MS-DOS dédiée en chinois simplifié aussi, mais je n’ai pas réussi à mettre la main dessus. J’ai donc dans un PC virtuel créé avec 86Box en me basant sur un PC type 486 et sur un MS-DOS 6.22 en français que j’ai installé la version 3.2 de MS-Windows.

Mon mandarin étant nul à chier – il faut rester honnête et dire les choses comme elles sont – je me suis basé sur mes connaissances en terme d’interface graphiques pour rajouter le support du son à l’ensemble. J’ai ensuite fait chauffer mon ami OBS Studio pour capturer l’ensemble en action.

Mis à part l’écriture qui est bizarre pour une personne habituée à l’alphabet latin, on est avec un MS-Windows 3.x tout ce qu’il y a de plus classique. Même l’easter-egg de MS-Windows 3.1x fonctionne, que demander de plus ? À vous de me le dire.

Vieux geek, épisode 415 : Kazaa, Limewire et compagnie…

… Ou les débuts mouvementés du partage de fichiers en pair à pair. Ici, on repart dans les années 2000 à 2010. Une époque où Internet n’était pas encore devenu une vitrine commerciale géante.

Dans cette première décennie du 21e siècle, les logiciels de peer-to-peer – ou pair à pair en bon français – se multiplie. Il y a des noms célèbres, comme Kazaa, edonkey2000, emule ou encore Limewire. Ces noms parleront aux personnes qui ont connu le réseau des réseaux à cette époque. Je m’en souviens presque comme si c’était hier. Le temps passe trop vite à mon goût dans ce domaine.

Mais tous les réseaux – ou presque – dépendaient de serveurs centralisés. Ce qui était leur talon d’Achille. Ce qui a poussé à la naissance de protocoles comme Bittorrent devenu pour beaucoup de personnes synonyme d’échange de pair à pair. Ce qui a poussé aussi à la disparition de ces réseaux historiques, en parallèle de saisies de serveurs, c’est l’arrivée de loi comme celle qui a donné naissance à l’usine à spams qu’est fondamentalement Hadopi.

Il y a bien eu la saga de ThePirateBay, mais nombre de portails pour les bittorrents existent de nos jours, même si certains d’entre eux ont connu des fins en feux d’artifice. Oui, YggTorrent, je parle de toi.

Je dois dire que pour moi, Bittorrent n’est pas synonyme de partage de contenu sous droits d’auteurs, mais un protocole qui permet de récupérer des images ISO de distributions GNU/Linux pour faire mumuse avec elle par la suite en machine virtuelles.

Et vous, avez-vous connu cette période « glorieuse » des débuts du peer-to-peer ? J’avoue qu’avec le torrent, elle ne me manque pas plus que cela.