Chronique d’un ex‑enfant de la télé : comment j’ai largué le petit écran sans même m’en rendre compte…

Il fut un temps — oui, je sais, ça fait vieux con et je l’assume — où le téléviseur était le centre de gravité de mes journées. Pas seulement un meuble, pas seulement un écran. Le truc autour duquel on organisait les soirées, les repas, parfois même les devoirs. J’étais un enfant de la télé, un vrai, un pur, un qui connaissait les grilles de programmes par cœur – ou presque – et qui attendait le générique de fin comme d’autres attendent la messe du dimanche.

Et puis, comme souvent, ce qui semblait éternel a commencé à se fissurer. La rupture n’a pas été brutale. Pas de scène dramatique, pas un larmoyant « c’est fini, je te quitte ». Non. Juste une érosion, lente mais irrévocable : D’abord, j’ai commencé à rater des émissions. Ensuite, ne plus savoir le programme de la soirée. Ne plus reconnaître les animateurs et animatrices interchangeables. Et passer un ou plusieurs jours sans allumer le petit écran.

Et un matin, en passant devant l’écran éteint, j’ai réalisé que je n’avais plus changer les piles de la télécommande depuis une éternité. Le divorce était officialisé, consommé. Au profil du grand nain ternet. Quand le web est arrivé, j’ai compris qu’il allait changer pas mal de chose…

Loin du formatage du petit écran, le choix et la pluralité d’opinions revenait en force, même s’il fallait faire du tri. On était loin avec la toile de ces émissions de variété clonées les unes sur les autres. Plus de rires en boite, plus d’animateur qui pour faire rire fout des nouilles dans le slip d’un chroniqueur. Un vent de fraîcheur donc.

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Mémoires télévisuelles d’un enfant des années 1970, épisode 41 : Les petits génies.

C’est une série qui m’a marqué étant mome. Comme je l’avais déjà dit dans un article que j’ai écrit il y a environ 10 ans (que le temps passe vite) :

Ce ne sont pas les séries les plus longues qui marquent forcément le plus. Voici celles qui m’ont laissés de sacrés souvenirs.
[…]
« Whiz Kids » alias « Les petits génies » , la série qui m’a branché à l’informatique et m’a donné cette passion dévorante depuis. 18 épisodes

On devrait parfois ne pas revoir les séries marquantes de notre jeunesse, car elle passent très mal l’épreuve du temps et font leur âge.

« Whiz Kids » en fait partie.

Outre le fait qu’il est marrant de revoir les ordinateurs de l’époque, soit de 1983-1984, c’est aussi intéressant de constater que dans la liste des acteurs et actrices de la série, il n’y a que trois noms qui ressortent vraiment.

  1. Matthew Laborteaux dont le rôle le plus connu a été celui d’Albert Ingalls dans la série « La petite maison dans la prairie »
  2. A. Martinez qui sera Cruz Castillo dans le soap opera « Santa Barbara »
  3. Andrea Elson qui aura un rôle majeur dans une sitcom, « Alf » dans le rôle de la fille ainée des Tanner

Après avoir revu le pilote, je n’ai pas réussi à aller plus loin dans le visionnage. Tout est trop daté, les limites techniques des ordinateurs de l’époque – contemporains du krach du jeu vidéo de 1983 – sont largement dépassées et les scénarios sont irréalistes.

La série dura à peine une saison. Il est vrai que l’évolution de la micro-informatique dans les années 1980 – on commença avec des ordinateurs comme le Commodore PET/Vic20 et on termina avec des ordinateurs comme la série des ST/TT d’Atari et les Commodore Amiga 500/2000. Autant dire que c’était un superbe grand écart facial technique.

Maintenant, si vous n’avez jamais vu la série, le seul intérêt sera de voir l’informatique personnelle en 1983-1984. Sinon, passez votre chemin.

Mémoires télévisuelles d’un enfant des années 1970, épisode 34 : Les maitres de l’Univers.

Vous êtes un éditeur de jouet au début des années 1980 et vous voulez les vendre facilement votre dernière création ? Pourquoi ne pas faire un dessin animé ? C’est le raisonnement de Mattel avec « Les maitres de l’Univers ».

La gamme est sortie en 1981 et c’est un studio créé pour l’occasion, « Filmation » qui produira les 130 épisodes des deux saisons des « Maitres de l’Univers » entre 1983 et 1984.

Voici donc le générique français :

Et la version originale :

On est loin de la qualité d’une série comme « Ulysse 31 ». Les animations sont raides, les réutilisations de scènes fréquentes. On est plus dans la production à la chaine qu’autre chose. Faut bien vendre des jouets après tout, non ?

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Mémoires télévisuelles d’un enfant des années 1970, épisode 24 : les mini-séries des années 1980.

Il y a toujours eu des mini-séries ou des séries bouche-trou pour compléter une grille des programmes suite à une création qui s’est lamentablement viandée auparavant.

Il y a deux séries qui sont restées dans ma mémoire, Manimal (1983) et Tonnerre Mécanique (alias « Street Hawk » en VO – 1985).

La première nous raconte les aventures du docteur Jonathan Chase, incarné par Simon McCorkindale (1952-2010), qui a un don particulier : pouvoir se métamorphoser en animal (panthère, aigle entre autres) pour aider la policière Brooke, incarnée par Melody Anderson à résoudre des énigmes policières.

Si la série est restée dans ma mémoire, malgré le fait qu’elle n’a eu que 8 épisodes (en comptant le pilote), c’était pour les scènes de transformation de Jonathan.


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Mémoires télévisuelles d’un enfant des années 1970, épisode 20 : Quand Daniel Prevost devint animateur de jeu télé… Pour le meilleur ou pour le rire ?

S’il y a un genre d’émissions aussi vieux que la petite lucarne, c’est le jeu télévisé. Si des horreurs hystériques comme « Le Juste Prix » ou des émissions de jeux plus sérieuses comme « Motus » ou « Des Chiffres et des Lettres » ont marqué les esprits, une émission diffusée par ce qui deviendra TV Bouygues en 1987 subit les frasques de l’ancien pensionnaire du Petit Rapporteur. C’est un jeu du nom d’Anagram diffusé en 1985.

Même si la prestation de Daniel Prevost ne dura qu’un trimestre, il rendit le jeu mémorable à cause de ses frasques de présentation. Que ce soit avec des poissons rouges en pendentif ou encore avec un casque de chantier, sans oublier des jeux de mots parfois tirés par la perruque, il savait dynamiser ce qui aurait été autrement d’un ennui mortel. Sans oublier les polémiques que cela engendrait à l’époque.


ANAGRAM – TF1 avec Daniel Prevost

Autant dire qu’il a fallu attendre ensuite des présentateurs comme Nagui et des émissions déjantées comme « N’oubliez pas votre brosse à dents » pour se marrer en regardant un jeu télévisé.

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