Pourquoi cette course au minimalisme dans le domaine des interfaces graphiques ?

J’ai remarqué depuis quelques temps dans le monde des distributions GNU/Linux, une course au minimalisme, que ce soit la logithèque installée, ou encore un gestionnaire de fenêtres comme Openbox (pour X11) et Hyprland et Labwc (pour Wayland).

Il y a des projets comme Omarchy (Archlinux + Hyprland), ou encore Ubuntu Sway Remix pour ne citer que les deux premiers projets qui me viennent à l’esprit.

On peut comprendre que certaines personnes soient lassées de monstres comme Gnome ou encore KDE. Et qu’il y ait une recherche de légèreté pour retrouver quelque chose qui ne mette pas plus de 30 secondes à démarrer.

Il est vrai aussi qu’avec les prix frappadingues de la mémoire vive en ce moment – merci l’IA ! – on soit tenté de rechercher du minimalisme, pour économiser quelques précieux mégaoctets en mémoire.

Je n’ai personnellement jamais accroché à ces gestionnaires de fenêtres minimalistes. Outre le fait que les traductions sont souvent bancales. Autant des logiciels en anglais ne me dérange pas, mais le gestionnaire de fenêtres en anglais avec les répertoires utilisateurs aussi en anglais, ça me chatouille un peu. Et l’obligation de choisir chacun des composants de sa logithèque, ça me gonfle rapidement.

D’ailleurs, pour les personnes hurlant à la mort par rapport à un temps de chargement trop long, j’ai un médicament : lancer un jeu Commodore 64 depuis son magnétophone dédié ou depuis son lecteur de disquettes sans accélérateurs de chargement… Ça calmera les plus énervés 🙂

Enfin je dis ça… Mais je dis rien 🙂

Mon top 5 des distributions GNU/Linux en cette fin d’année 2025.

Je me suis dit qu’il serait intéressant de partager ma liste de distributions préférées dans la jungle de celles-ci.

Numéro 5 : Artix Linux

N’en ayant rien à faire de la guerre des inits, je dois avouer que l’ancienne Archlinux OpenRC a su bien s’en tirer au fil des années. Bien que Gnome soit désormais abandonné, il reste suffisamment d’autres options pour trouver son bonheur. Seul hic ? Certaines éditions sont parfois vieilles de plusieur mois, ce qui veut dire que les mises à jour en post-installation se mesureront en dizaines, voire en centaines.

Numéro 4 : Emmabuntüs DE

Cette dérivée de la Debian GNU/Linux trouve grâce à mes yeux pour une simple et bonne raison : elle est utile, surtout pour recycler du vieux matériel. Même si elle est parfois un peu surchargée, elle n’en est pas moins complète… Et utilisable facilement.

Numéro 3 : EndeavourOS

Encore le monde Archlinux. On ne se refait pas ! Ce qui était à l’origine un installateur a petit à petit migré vers le statut d’une distribution à part entière avec quelques logiciels maison pour simplifier la vie des personnes qui l’utilise au quotidien.

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KDE 6.8 : Wayland ou rien… Encore heureux, il y aura du temps pour s’adapter !

Il fallait bien que ça arrive. Après presque 30 ans de bons et loyaux services, le vénérable X11 tire sa révérence dans KDE. Plasma 6.8 sera Wayland-only, avec Xwayland comme béquille pour les vieilles applications. Autrement dit : si vous espériez encore lancer votre session X11 en douce, oubliez. C’est fini, terminé, enterré. Mais rassurez-vous, KDE 6.7 est prévu pour début 2027, dixit Phoronix. Je cite :

[…]Plasma X11 session support will remain supported into early 2027 with the Plasma 6.7 series.

Ce qui donne traduit :

[…]Le support de la session Plasma X11 sera supporté jusqu’en début 2027 avec la série Plasma 6.7

Soyons clairs : la majorité des distributions avaient déjà basculé par défaut sur Wayland. Fedora, Ubuntu, openSUSE… Tout le monde y est passé. KDE ne fait que suivre le mouvement, mais en coupant définitivement le cordon. Et pour les utilisateurs ? Dans 95 % des cas, vous ne verrez aucune différence. Vos applis tourneront via Xwayland, vos fenêtres s’ouvriront comme avant, et vous continuerez à râler sur le thème Breeze trop bleu.

Wayland – bien qu’incomplet sur certains plans – se veut plus « adaptée » : meilleure sécurité, moins d’héritage technique des années 1980. Dommage que cela fait une bonne dizaine d’années qu’on nous vend cela. Un Duke Nukem Forever si on peut le dire ainsi.

Évidemment, il y aura des grincheux. Ceux qui jurent que « X11 c’était mieux », que « Wayland casse mes raccourcis », ou que « mon logiciel de capture d’écran préféré ne marche plus ». Mais maintenir à la fois le support de X11/X11Libre et Wayland, ça doit coûter pas mal en terme de ressources.

KDE 6.8, c’est un peu comme dire adieu à Windows XP en 2014 : ça fait mal aux nostalgiques, mais c’est nécessaire. Wayland est là, qu’on le veuille ou non. Et si vous n’êtes pas contents… Il vous reste encore Cinnamon, Xfce, ce qui reste de Mate. J’utilise Gnome avec sa session Wayland sur mon ordinateur portable, et pour le moment, ça va… Pour le moment 🙂

Le cycle de 2 ans pour les distributions Linux en fixed release : une évidence qui crève les yeux.

On nous vend depuis des années l’idée que les distributions Linux en fixed release doivent tenir un cycle de publication « raisonnable ». Traduction : pas trop court pour éviter l’usine à gaz, pas trop long pour ne pas finir en fossiles. Et pourtant, certains projets persistent à croire qu’un cycle de 3, 4 ou même 5 ans est viable. Pas vraiment au final.

Le problème des cycles trop longs ? Il y en a trois.

  1. Logiciels obsolètes : attendre 3 ans pour une mise à jour majeure, c’est condamner l’utilisateur non professionnels à traîner des versions dépassées de sa suite bureautique ou de son environnement de bureau. Dans un monde où Firefox (cycle mensuel) ou LibreOffice (cycle semestriel avec mises à jour mineures mensuellement), c’est suicidaire.
  2. Sécurité : maintenir pendant des années des paquets vieillissants, c’est multiplier les patchs et les rétroportages. Autant dire que c’est une sacrée utilisation de ressources pouvant être théoriquement employées ailleurs.
  3. Attractivité : qui veut installer une distribution figée dans le passé ? Les utilisateurs non professionnels finissent par migrer vers des des fixed releases plus dynamiques, voire des rolling release pour les plus courageux.

Deux ans, c’est une limite plutôt pragmatique, pour plusieurs raisons.

  1. Rythme des projets en amont : la majorité des logiciels libres suivent un cycle rapide, d’un mois à six mois en moyenne. Deux ans, c’est déjà généreux.
  2. Charge de maintenance : les équipes de développement ont souvent pris pour habitude de ne conserver que deux versions en même temps. La version actuelle et celle qui l’a précédé. Un exemple ? LibreOffice, avec une version « ancienne » dite stabilisée et une récente qui est plus dynamique. Mais la version ancienne reste utilisable.
  3. Équilibre entre utilisateurs et développeurs : deux ans, c’est assez long pour garantir une certaine stabilité. Tout en restant gérable.

Il y a un seul cas où les deux ans ne sont pas applicables, c’est celui du monde de distributions à destination des entreprises. Comme ce sont des entités qui changent rarement le matériel informatique – du moins tant que celui-ci n’est pas rincé – un cycle long est préférable. Mais ce sont souvent des distributions adossées à de grosses structures comme RHEL qui est maintenue par IBM. Ce qui nécessite de rétroporter des patchs, d’utiliser des paquets universels quand la vieillesse commence à se dévoiler.

Pour conclure ? Si on se place dans le monde de l’utilisateur non professionnel, les deux ans sont la limite acceptable. Ni trop court, ni trop long, ce cycle est donc idéal. Reste le problème de rétroporter les correctifs de sécurité, mais la plupart des fixed release contournent leur fixité en ce qui concerne les navigateurs en utilisant par exemple la version ESR (long terme) de Mozilla Firefox.

C’est sûrement le seul contre-exemple (du moins, c’est celui qui me vient directement à l’esprit) dans la tradition de ne bouger qu’à la marge des fixed releases.

Maltraiter la Void Linux, dernière mode en date dans le petit monde des distributions GNU/Linux ?

Il y a parfois des tendances qui sont étranges. Outre le fait qu’un nombre non négligeable de distributions sont souvent des remastérisations des principales distributions mères (Archlinux, Debian, Fedora, Gentoo, OpenSuSE, Slackware) voire des principales distributions filles (Manjaro, Ubuntu ou une de ses saveurs principalement), il y a d’autres projets, moins nombreux qui utilise la base Void Linux pour exister.

Cette tendance est surtout visible dans la deuxième quinzaine d’octobre 2025. En suivant les propositions et ajout à l’index de Distrowatch, j’ai pu constater la présence de :

Pour les ajouts à l’index. Dans la liste d’attente ?

Ce qui fait 6 ajouts en l’espace d’une poignée de jours, ce qui est non négligeable. Si on en croit l’index de Distrowatch, il n’y a que 3 distributions basées sur la Void Linux, ce qui n’est quasiment rien.

J’ai parlé de la Noid dans une vidéo des pitreries du libre.

Si on sort le thème, le prompt et le dépôt tiers, c’est une base Void qui doit être reproductible en quelques minutes depuis une Void Linux Xfce. Et non, je n’ai pas envie de montrer comment faire. La flemme 😀

Pour conclure ? il faut espérer pour la Void Linux que la tendance va se calmer un peu. Mais de voir qu’une nouvelle base est utilisée avec peu ou pas de modifications majeures, ça fait bizarre.