Vieux geek, épisode 370 : MS-Windows Premiere Edition, où comment Microsoft prouvait l’existence de MS-Windows en 1985.

J’ai déjà parlé en 2019 de MS-Windows 1.01 sorti en 1985. C’était un projet long terme, surtout pour l’époque. Depuis l’annonce du projet fin 1983, rien n’avait été publié.

Des journalistes parlèrent alors de vaporware pour qualifier le projet de Microsoft. Pour contrer cette dénomination, Microsoft publie et envoie à quelques personnes triées sur le volet la version dite « premiere edition ». C’est un aperçu du futur MS-Windows 1.0.1 publié en fin d’année 1985.

Grâce à des sites comme WinWorldPC, on peut récupérer cette version qui tient sur 4 disquettes 5 pouces 1/4 de 360 Ko. Pour vous montrer MS-Windows Premiere Edition en action, j’ai donc installé dans PCEm un MS-DOS 3.3x, suivi de MS-Windows Premiere Edition, le tout dans un PC XT équipé d’une carte EGA pour avoir autre chose que du dégradé de noir et de gris.

Tout se fait en interface mode texte, mais reste assez compréhensible cependant.

Voici donc ce à quoi ressemblait MS-Windows Premiere Edition en action.

Évidemment, c’était rustique, autant que la version officielle le sera. Les seules personnes qui trouveront l’interface intuitive et sympathique, ce sont les fans des fenêtre affichées sous forme de pavage à l’écran. Mais au moins, cela permet de voir comment Microsoft s’était sorti de l’accusation que son environnement graphique n’existait que sur le papier.

« Hero Fantasy : The King’s Sword » : du neuf pour ce jeu rétroludique.

Dans un article publié pour Noël 2024, je parlais du projet solo « Hero Fantasy : The King’s Sword » sorti à la fois pour le Commodore Vic20 et son petit frère, le Commodore 64. Sur la page itch.io du développeur, on peut récupérer des version disquettes du jeu pour le Vic20 et le C64.

Cependant, en restant en contact avec l’auteur, j’ai eu l’honneur et le privilège de pouvoir tester des bêtas pour la version C64 sur cartouche et une première bêta du jeu pour l’Atari 800XL et plus récents.

Il faut dire que les deux ordinateurs ont en commun le processeur, même si le C64 a un MOS 6502 « amélioré ». Cela a permis à l’auteur de se concentrer sur les spécificités de l’ordinosaure d’Atari, étant donné que la logique du jeu est resté la même.

En suivant ses lives de programmation – un peu en diagonale, je dois l’avouer – j’ai pu voir la progression et bien que le jeu soit en monochrome pour des raisons d’ordre pratique. Ce qui fait que certains graphismes ont été modifiés. En effet, le jeu d’origine se base sur les clés et les portes de même couleur, sans oublier que les ennemis de deuxième niveau pour un monstre donné – comme les serpents – se basaient sur une couleur différente. Sur un jeu monochrome, c’est moins visible !

Continuer la lecture de « « Hero Fantasy : The King’s Sword » : du neuf pour ce jeu rétroludique. »

Vieux geek, épisode 369 : The CD Games Pack de Codemasters, l’ancêtre des CD / DVD de magazines.

Si entre 1995 et 2005 / 2010, il était courant d’avoir des magazines avec des CD ou des DVD contenant des démos voire des jeux complets, en 1990, cela tenait de la science fiction… Ou presque. Le développeur anglais Codemasters – surtout connu pour ses jeux à petits prix – décida d’être audacieux et de proposer vers 1990 un CD contenant une trentaine de titres, avec un adaptateur pour brancher votre lecteur de CD audio sur un ZX Spectrum, Commodore 64 ou Amstrad CPC.

Il n’y aura que deux versions produites. La plus courante est celle pour le ZX Spectrum, suivi par une version plus difficile à trouver – sauf sur Archive.org – dédiée au Commodore 64. Dans le coffret, vous aviez le CD avec les 30 jeux – dont on promettait un chargement plus rapide – une cassette contenant le logiciel qui permettait de charger les jeux depuis le CD et un adaptateur pour brancher l’ordinateur au lecteur de CD.

Un peu comme l’équipement dans la photo ci-dessous. Bien qu’ayant récupéré une image ISO, j’ai été dans l’impossibilité de faire fonctionner l’ensemble, le câble d’adaptation n’étant pas émulé par Vice.

Le projet était un peu en avance sur son temps et ne fit pas long feu. Ce qui explique l’inexistence d’une version pour Amstrad CPC. À l’époque, on ne jurait que par la disquette, que ce soit des 5 pouces 1/4 ou des 3 pouces et 3 pouces et demi.

Vieux geek, épisode 368 : EComStation, le premier rejeton d’OS/2.

Quand IBM laissa tomber son projet OS/2 fin 2006, un projet reprit le flambeau et proposa alors pour les utilisateurs d’OS/2 une suite, du nom d’EcomStation. Même si le projet semble être né en 2001, ce n’est qu’en 2006 qu’il prend de l’importance. Il y aura plusieurs versions, dont la dernière stable date de mai 2011.

Comme OS/2, c’est un OS entièrement 32 bits avec une interface orientée objet. Rien de bien révolutionnaire donc. Pour l’émuler, je suis parti d’une machine virtuelle PCem avec un Pentium II 333, 512 Mo de mémoire vive et 4 Go de disque. J’ai pu le trouver sur Archive.org sans trop de problèmes. Étant donné que le projet n’est plus développé, pas trop de danger d’être accusé de tipiakage de logiciels 🙂

De plus, je ne l’ai trouvé qu’en anglais. J’ignore si des traductions ont été disponibles à l’époque.

À noter un truc intéressant lors de l’installation. On peut choisir entre deux systèmes de fichiers. L’historique HPFS (qui date d’OS/2 1.2 en 1989) ou le plus récent JFS.

Continuer la lecture de « Vieux geek, épisode 368 : EComStation, le premier rejeton d’OS/2. »

Avec OpenZFS, l’idéologie prend le pas sur le technique.

Vous allez me dire : « Oui, encore un article pour pousser une gueulante ». Oui et non. Car c’est un peu un mélange des deux.

OpenZFS, c’est un projet pour proposer un module noyau pour intégrer le support du ZFS d’Oracle.

Vous allez me dire, ZFS est à l’origine un projet de Sun puis d’Oracle, l’entreprise détesté par nombres de libristes, surtout vu le sort subit par OpenOffice.org. Même Linus Torvalds ne veut pas y toucher tant que la situation légale est éclaircie.

Je cite l’article avec la remarque de Linus :

Si quelqu’un ajoute un module du noyau comme ZFS, qu’il sache qu’il ne bénéficie d’aucun soutien. Je ne peux pas le maintenir et je ne peux pas être lié par les changements apportés au noyau par d’autres. Et honnêtement, il n’est pas envisageable d’intégrer ZFS avant d’avoir reçu une lettre officielle d’Oracle (signée par leur principal conseiller juridique ou de préférence par Larry Ellison lui-même) qui nous y autorise et qui stipule que le produit final sera sous licence GPL. Certaines personnes pensent qu’il est envisageable d’intégrer ZFS au noyau et que l’interface du module fait l’affaire. C’est leur décision, mais étant donné la nature litigieuse d’Oracle et les questions de licence, je ne me sentirais pas en sécurité si je le faisais

Autant dire que zfs et par extension OpenZFS ne sont pas en odeur de sainteté pour les développeurs du noyau. Pour bloquer l’intégration, certaines manipulations ont été mises en place, mais le plus simple est de voir cette vidéo faite en collaboration avec Baba Orhum :

Oui, la vidéo fait 27 minutes, mais vous aurez droit à tous les détails croustillants et vous verrez que les développeurs ont été un peu agressifs. Désolé, je n’ai pas trouvé d’autre mots. Enfin, vous verrez bien, c’est quand même bien mesquin au final !