Vieux geek, épisode 375 : MS-DOS 4.x/5.x et PC-DOS 4.x/5.x, deux frères presque jumeaux ?

1981 : le premier IBM PC sort avec PC-DOS 1.0, un produit récupéré et complété par Microsoft en partant du QDOS dont j’ai parlé dans un autre article vieux geek.

Jusqu’aux versions 3.xx, MS-DOS et PC-DOS étaient à peu de chose près complètement identiques, MS-DOS étant dédié aux clones de l’IBM PC, PC XT et AT.

Tout commença à changer avec les versions 4.x, sortis en 1988. Si de son côté Microsoft proposa la première version de son interface DOS-Shell, que j’ai évoqué dans un article de mars 2020, et qui avait en barre de titre « Lancer un programme », IBM proposa un « gestionnaire de programmes » (rien à voir avec ce qui sera le cœur de MS-Windows 3.xx). Le programme est le même en terme de fonctionnalités, même si certains textes sont différents.

On avait même droit à une invite DOS en appuyant simultanément sur la touche maj et F9. J’ai essayé de nombreux pilotes de souris, mais aucun d’entre eux n’a fonctionné 🙁

Avec PC-DOS 5.xx en 1991, le nom de l’interface devient « Shell IBM DOS » seule différence vraiment notable avec le Shell MS-DOS. Et cette fois, la souris fonctionne, ce qui est plus agréable, même si on est loin de l’ergonomie des Windows 3.x et des premiers OS/2. Et comme pour son équivalent Microsoftien, on peut passer en mode semi-graphique.

Mais le mieux est de vous montrer tout cela en action !

Vous avez pu le voir, les différences se comptaient sur les doigts de la main, que ce soit le Shell de la 4e ou de la 5e génération. Même si le Dos Shell était obsolète avec MS-DOS/PC-DOS 6.xx – bien que ce dernier le propose encore à l’installation – il aura marqué son époque et rendu l’utilisation du DOS un peu plus conviviale, même si en 1991 Windows 3.0x commençait à prendre de l’importance et des parts de marché dans le monde du PC, avant l’arrivée de celui qu’on aurait pu appeler Windows 92, j’ai nommé Windows 3.1x.

Ce qui me gonfle dans le logiciel libre actuel, épisode 6 : l’intense drague des utilisateurs de MS-Windows 10.

Depuis plusieurs mois, nombre de projets de distributions GNU/Linux sont mis en avant pour permettre l’accueil de migrant(e)s de MS-Windows 10 abandonné par Microsoft en octobre 2025.

En me basant sur le site d’agrégation d’articles de webzines et de blogs du nom de TuxMachines, on tombe au moins une fois par semaine sur un article qui dit que telle distribution est idéale pour migrer… Et ça devient gonflant. Voici un florilège d’articles publiés reprenant cette idée, entre début mai 2025 et mi-juin 2025. Liste non exhaustive, bien entendue.

Et j’aurai pu continuer longtemps, mais rien qu’avec cette poignée de liens, vous pouvez voir que la drague fonctionne à fond… Mais il restera un problème : l’applicatif spécifique qui est souvent difficile à remplacer. Vous me direz qu’on peut toujours passer par Wine pour certains logiciels. Mais est-ce le cas pour MS-Office ? Photoshop Elements (car un Photoshop complet pour retoucher 3 photos par an…) ? Pour nombre de jeux, même avec les progrès de Vulkan ?

Maintenant que j’ai un pied dans les deux mondes (PC fixe sous MS-Windows 11, ordinateur portable sous Archlinux), je m’aperçois à quel point les promoteurs zélotes du libre ne voit pas plus loin que le bout de leurs museaux ou que de leur utilisation spécifiques. Sans vouloir jouer les cassandres, vous allez vous casser les dents et la migration ne se fera qu’à la marge.

On va dire que 2 ou 3% des personnes franchiront le pas linuxien. Les autres se débrouilleront pour installer MS-Windows 11 via des contournements que Microsoft ne comblera pas, histoire d’avoir une base maximale de personnes utilisant son OS.

Car passer sous Linux, ça veut dire tout réapprendre, comme moi j’ai dû le faire en sens inverse en revenant sous MS-Windows après l’avoir quitté à l’époque de XP.

Maintenant, certaines personnes vont me voir comme un traitre à la cause. J’ai donné 19 ans de ma vie informatique au logiciel libre, je pense savoir de quoi je parle et les procès d’intention ne me font ni chaud ni froid.

Quel bilan pour l’expérience FreeBSD dans une machine virtuelle ?

À quelques heures près de la fin officielle, j’ai décidé de mettre un terme à cette expérience. Je dois dire qu’elle s’est passée sans accroc, même avec la grosse étape qu’a été la migration d’une base 14.2 vers une base 14.3. J’avais fait un article concernant la dite migration.

Ce matin, j’ai eu droit à une dernière série de mises à jour, dont une spéciale. J’en parle dans la vidéo ci-dessous.

Conclusions ? Outre le fait qu’installer FreeBSD avec Mate est relativement simple, la partie la plus tendue étant la mise en place de la bonne traduction pour les logiciels, j’ai été plus que ravi par cette expérience. Évidemment, on n’a pas la logithèque et la compatibilité matérielle proposée par une distribution GNU/Linux, mais ça reste une alternative à tester au moins une fois dans sa vie geekesque.

Même si j’ai un coup de cœur pour le cryptique OpenBSD, je pense que d’ici quelques versions – et si la compatibilité matérielle prend un coup de fouet – il serait envisageable de migrer sur une base FreeBSD, si on est suffisamment geek, bien entendu.

En vrac’ de fin de semaine…

Petit en vrac’ en ce troisième samedi du mois de juin 2025.

Côté logiciel libre, informatique et internet.

  • Vous utilisez Plasma sur une base Archlinux avec Xorg/X11 par défaut ? Une petite manipulation est à faire pour continuer d’utiliser Xorg/X11.
  • La distribution basée sur Debian GNU/Linux de la semaine ? La Besgnulinux – qui a été rajoutée récemment sur l’index de Distrowatch – répondra à l’appel.
  • Vous ne jurez que par sysVinit/OpenRC/runit et une base linux-libre ? Alors la Gnuinos sera pour vous.
  • À l’impossible, nul n’est tenu. Il existe un port de Doom pour l’Atari ST avec de nombreuses limitations. Mais au moins, c’est Doom 🙂
  • Microsoft a officialisé la version 2.6.0 de WSL, la couche de virtualisation linux pour Windows. La première publiée en tant qu’open-source.

Côté culture ?

Si vous aimez le métal, matiné de symphonique et de melodic death, alors les créations de Heirstale/ pourrait vous plaire.

Sur ce, bonne fin de week-end !

Vieux geek, épisode 374 : QDOS 1.0 et PC-DOS 1.0, des frères ennemis ?

Quand fin 1980 Microsoft hérita de la demande d’IBM de fournir un OS avec son futur ordinateur IBM PC 5150, la petite entreprise de Seattle spécialisée dans les langages de programmation se trouva très vite ennuyée.

Pour gagner du temps, elle contacta SCP (Seattle Computer Products) qui avait déjà un OS inspiré par le CP/M, appellé QDOS pour Quick and Dirty Operating System. Traduction ? Système d’exploitation rapide et sale. Heureusement, il avait un autre nom, commercial celui-ci, 86-DOS. Ce qui sonnait mieux au final 🙂

Microsoft acheta une licence non-exclusive, puis embaucha Tim Paterson pour qu’il reprenne le code et le rende compatible avec le processeur 8088 qui propulsait l’ordinateur d’IBM. Microsoft achetera par la suite tous les droits du 86-DOS juste avant qu’IBM ne lance son modèle 5150. Microsoft s’assurait ainsi la possibilité de licencier le PC-DOS (nom réservé par IBM) en MS-DOS aux fabricants de clones.

J’ai pu mettre la main sur la version 1.0 de QDOS / 86-DOS via le site schorn.ch. Ainsi que l’émulateur qui va bien pour lancer cet OS préhistorique 🙂

J’ai lancé ensuite mon ami OBS-Studio pour enregistrer la vidéo ci-dessous.

Même si certains outils ont disparu et d’autres rajoutés, sans oublier une bonne vingtaine de programmes en Basic, PC-DOS et 86-DOS sont vraiment proches. Pas identiques, mais on peut dire que ce sont deux frères dans le domaine des OS.