La sortie retardée d’OpenSuSE met-elle à mal le cycle de développement de 8 mois ?

La distribution GNU/Linux OpenSuSE 12.2 est sortie ce 5 septembre, avec deux mois de retard par rapport à la date d’origine.

Les versions d’OpenSuSE sortent tous les 8 mois, du moins en théorie depuis 2009, car la précédente version, la 12.1 est sortie en novembre 2011.

Ce cycle de 8 mois est un peu « bâtard », les cycles de développement étant en moyenne de 6 mois ou d’un an, voire plus pour Debian GNU/Linux par exemple. Le prétexte utilisé étant qu’un cycle de 6 mois est trop court pour un niveau de qualité minimale.

Mais ce cycle, menant à la version 12.2, a été chamboulé, spécialement le coup de gueule au mois de juin dernier qui a débouché le rajout de deux mois supplémentaires. Et à moins d’être une quiche en anglais, c’est le niveau de qualité du produit qui est en cause, surtout avec des périodes de « cassure » parfois un peu trop importante.

Il est certain qu’un cycle de 6 mois est assez court pour stabiliser le code d’une distribution, et un an, c’est trop long surtout par rapport à certains logiciels qui évoluent rapidement.

Alors passer à une version annuelle ? Pourquoi pas ? Une idée à creuser, mais reste à savoir si elle est applicable dans la vie courante. En tout cas, un cycle de 8 mois pour stabiliser correctement le code ne semble pas être idéal au final.

Néanmoins, ne crachons pas sur la sortie de la distribution au Caméléon.

Le marché des distributions GNU/Linux est-il conservateur ?

On dit souvent qu’une des faiblesses de GNU/Linux, c’est qu’il y a des trillions de distributions, et que cela empèche de porter des logiciels, car les distributions les plus utilisées ne sont jamais les mêmes. Même si l’outil de distrowatch est imparfait, cela permet de savoir quelles distributions ont eu le vent dans les voiles depuis l’an 2002.

En 2002 :

  1. Mandrake
  2. Red Hat
  3. Gentoo
  4. Debian
  5. Sorcerer
  6. SuSE
  7. Slackware
  8. Lycoris
  9. Lindows
  10. Xandros

Mandrake, devenu Mandrake Linux, puis Mandriva… Passons sur Red Hat, Gentoo, Debian.

Inutile de préciser quel est son état actuel. Sorcerer ? Elle semble encore exister. SuSE existe encore sous le nom d’OpenSuSE, et SLED pour les entreprises. Quand à notre bonne vieille slacky, elle existe encore de nos jours, et arrivera surement d’ici quelques jours en version 14.0.

Lycoris ? Rachetée par Mandriva en 2005. Paix à ses octets. Lindows ? Les plus anciens doivent se souvenir de la guerre de Microsoft contre Lindows, devenu par la suite Linspire. Racheté par Xandros, morte depuis. Donc, cela règle le cas des deux dernières entrées de 2002.

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Unity-2D, nouvelle victime de la limite des 700 Mo ?

La nouvelle a fait beaucoup de bruit. Unity-2D, la version « non accelérée » de l’environnement de Canonical ne sera plus disponible sur le support d’installation.

Florent Gallaire a écrit sur son blog un excellent billet où il crie sa déception face à la décision de Canonical – qui doit savoir mieux que ses utilisateurs – quoi faire de sa distribution, non ?

Et pose une question intéressante :

Mais alors que se passera-t-il lorsqu’un ordinateur n’aura pas les capacités 3D nécessaires à Unity, si l’on ne peut plus avoir recours à Unity 2D ? La solution choisie par Canonical est la même que celle que Red Hat a mise en oeuvre pour GNOME Shell et qui fonctionne depuis Fedora 17 : utiliser LLVMpipe, qui est basé sur Gallium3D, pour émuler en software les fonctionnalités 3D manquantes du hardware.

Ceci implique très logiquement de gros problèmes de performance et, le plus grave selon moi, une compatibilité limitée aux seuls processeurs x86. Or, en plus du Toshiba AC100 et de son processeur ARM, j’utilise aussi de vieux Macs équipés de processeurs PowerPC comme desktop…

Pour info, j’utilise actuellement le pilote nouveau et son extension nouveau-dri sur ma distribution. Qui dépendent d’un certain Mesa 8.0.x, donc du LLVMpipe dont parle Florent sur son blog. Et mis à part un léger ralentissement au démarrage, Gnome Shell fonctionne aussi bien, sinon par endroit mieux qu’avec le pilote nvidia officiel. Mais fermons cette rapide parenthèse.

Une question est pourquoi virer Unity-2D alors qu’il fonctionne partout ? Une réponse possible ? Sa taille. En effet, et dans une tradition digne de Kafka, Unity-2D n’utilise pas GTK, mais QT et Metacity. Et puis, jetons un oeil aux paquets composant unity-2d, dixit le page du projet du launchpad.

J’ai pris les tailles des paquets en 64 bits, car il faut bien se tourner vers l’avenir de l’informatique, non ? 😀

J’ai uniquement donné la taille des paquets indispensables. Les bibliothèques de développement n’étant pas indispensables, je ne l’ai pas cherchée, ainsi que le transitional package.

Total : 1496 + 42 + 42 + 423 + 163 = 2166 Ko, soit 2 gros Mo. Pourquoi le virer dans ce cas ? Parlons des dépendances des paquets cités.

Pour Unity-2d-launcher :

Soit : 904 Ko. Donc, on en est à 3070 Ko. Toujours pas de quoi justifier de virer l’environnement. Passons donc à unity-2d-panel et ses dépendances communes avec Unity-2d-spread :

Total : 668 + 231 + 8860 + 140 + 12475 + 124 : 13638 Ko. Soit 13 Mo.

Le total d’unity-2D ? 3070 + 13638 = 16708, soit un peu plus de 16 Mo. Sans oublier Metacity et son paquet Metacity-common qui rajoute respectivement 867 et 1168 Ko. Donc, si on prend ce qui compose la plus grosse partie d’unity-2D, on arrive à 18743, soit en gros 18,30 Mo. Sur un support qui en pèse 700, ça fait 2,61%. Ce n’est rien 2,61% sur une image ISO. Mais si on veut rester dans les 700 Mo, grapiller 18 Mo ça aide vraiment.

Et il ne faut pas oublier que sur l’ISO officielle, il y a des outils qu’on s’attend à avoir, comme une trousse bureautique, comme LibreOffice… Le coeur de la suite bureautique pesant à lui seul… 117 412 Ko (ou encore 114,66 Mo) soit 16,38% du total d’une ISO de 700 Mo.

Donc entre sacrifier l’expérience utilisateur en ne lui fournissant pas une trousse bureautique dès le départ ou sacrifier un environnement de bureau, le choix est très vite fait si on veut proposer une distribution grand public, non ?

Et comme abandonner le support des symboliques 700 Mo serait un mauvais choix pour de nombreux marchés informatique, on risque de voir encore d’autres logiciels être boutés hors des images ISOs dans les mois et années qui viennent.

Le point sur l’installation de Debian Gnu/Linux Wheezy au 11 août 2012.

Depuis quelques jours, la blogosphère libre parle du choix de proposer par défaut sur le premier CD de la Debian GNU/Linux, avec par exemple ce journal sur linuxfr.org, qui sortira en début d’année prochaine Xfce en lieu et place de Gnome. Je m’était aussi fendu d’un article qui parlait d’une limite technique qui si elle semble obsolète dans nos contrées ayant accès à la fibre optique ou au minimum à un ADSL aux hormones ne l’est pas ailleurs.

J’ai donc pris une image ISO de la version testing, en date du 6 août dernier. L’annonce fracassante de l’équipe de Debian datant de la fin juillet, normalement l’ISO doit contenir la correction.

J’ai donc lancé l’installation, et pour éviter de dire que j’ai trafiqué quelque chose, j’ai enregistré la demi-heure qui permet de montrer l’installation en ligne. Et un Gnome 3.4 nous accueille quand on fait une installation en ligne.

Je me suis alors dit, si l’installation en ligne propose Gnome 3.4, peut-être que l’installation hors-ligne propose Xfce ? Et voici le résultat de l’installation hors ligne.

Pas de Xfce, mais je suppose twm « mal configuré » qui nous accueillent. Xfce n’a pas encore du être intégré dans l’ISO du CD 1.

Donc, aux alentours de la mi-août 2012, à 5 ou 6 mois de la sortie de la Debian GNU/linux Wheezy, il est trop tôt pour enterrer Gnome 3.4, même si c’est au profit du très bon Xfce.

Calculate Linux : l’autre Gentoo Linux pour être humain ?

Gentoo Linux, la distribution où la compilation est reine – je reste circonspect sur le gain réel de vitesse des logiciels compilés maison contre les pré-compilés – est réputée pour son coté austère, pour ne pas dire imbuvable par endroit.

Il y a des projets pour rendre la distribution plus utilisable par une personne lambda, Sabayon GNU/Linux étant le plus célèbre. Cependant, il existe un projet d’origine russe, Calculate Linux. La version 12.0 étant sortie récemment, j’ai eu envie de voir ce que donnait cette dérivée de Gentoo Linux.

Dans l’annonce de publication, on peut voir qu’il existe 3 versions principales : une basée sur Gnome (version 3.2, alors que la version 3.4 est sorti il y a environ 3 mois), une basée sur KDE (4.8.4) et une dernière sur Xfce (4.10). Les 3 étant disponible en versions 32 et 64 bits.

J’ai donc lancé mon client bittorrent en bon tipiak, et j’ai attendu que les 1,9 Go de l’image ISO du DVD de la version xfce 64 bits soient récupérés. Une fois le long démarrage terminé, on se retrouve dans un environnement Xfce simplifié. Tout se règle via un menu déroulant.

L’installateur est ultra simplifié, et se résume à : remplir des champs quand c’est demandé, cocher une ou deux options, et puis cliquer sur suivant et patienter. Loin d’une installation aride à la Fentoo Linux qui demande de rentrer des commandes « cryptiques » et de connaitre des notions étranges comme le chroot par exemple 😉

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