Sabayon Linux 10 : une distribution un peu lourde à digérer ?

Le 13 septembre, l’équipe de Sabayon Linux a présenté la 10ième version officielle de sa distribution, dérivée de la Gentoo Linux.

Les notes de publications sont savoureuses. Non content de proposer une version de développement de l’implémentation libre du standard OpenGL, à savoir Mesa 9 en date du 31 août, ils cassent gentiment la technologie systemd.

Sur l’intégration de la pré-version de Mesa 9 :

« Mesa 9, drm stack, KMS

Mesa 9 is not out yet, but you can get a taste of it in Sabayon 10 already, which is shipping with a 2012-08-31 snapshot of Mesa 9 and updated libdrm and drivers stack. Out of the box Kernel-Mode-Setting experience has been improved for Intel and Matrox video cards as well, while due to conflicts with fglrx, radeon KMS still requires some scripty help (but this will be addressed once Linux 3.6 is out). Please have a look at our footnotes if you have problems booting your system on AMD hardware. »

Ce qui donne traduit :

« Mesa 9, drm stack, KMS

Mesa 9 n’est pas encore sorti, mais vous pouvez y goûter dans Sabayon 10, qui propose un instantané de développement de Mesa 9 en date du 31-08-2012 et des versions à jour de libdrm et des pilotes. L’expérience immédiate [vous traduiriez comment out-of-the box ?] du Kernel-Mode-Setting a été amélioré pour les cartes vidéo Intel et Matrox aussi, mais à cause de conflits avec fglrx, le KMS avec Radeon requière encore une petite aide au niveau des scripts (qui sera corrigée quand Linux 3.6 sortira). Veuillez jeter un oeil au notes de fin de page si vous avez des problèmes pour démarrer votre système du matériel AMD »

Et pour le cassage de systemd :

New udev, kmod stack

As many other distributions, we were tempted by systemd to the point that we made it easier to migrate to it through Portage (and you can do that as well, with some trickery). This required a new udev-systemd snapshot and the migration to kmod, from module-init-tools. Our team, more precisely Joost Ruis, decided to benchmark OpenRC (our current init system) against Systemd and the results were a bit disappointing. While Systemd has proved to be faster, our real world scenarios simulation showed that the difference is well below 8 seconds for the boot process. Does this justify the move towards a less-tested and for many controversial technology? Not yet, our boot is fast enough. Do the average people restart their system more than 5 times a day? We don’t think so.

Ce qui donne traduit :

Nouvel udev, nouvelle pile kmod

Comme beaucoup d’autres distributions, nous avons été tenté par systemd au point que nous avons rendu sa migration plus facile dans Portage (et vous pouvez le faire aussi bien, avec quelques manipulations). Cela a nécessité une nouvel instantané de udev-systemd et la migration vers kmod, à partir du module-init-tools. Notre équipe, plus précisément Joost Ruis, a décidé de comparer OpenRC (notre système actuel init) contre Systemd et les résultats étaient un peu décevants. Alors que Systemd s’est avéré être plus rapide, nos simulations en mode réel ont montré que la différence est bien en dessous de 8 secondes pour le processus de démarrage. Est-ce que cela justifie le passage à une technologie moins testée et controversée par de nombreuses personnes ? Pas encore, notre démarrage est assez rapide. Est-ce que la moyenne des gens redémarrent leurs systèmes plus de 5 fois par jour ? Nous ne le pensons pas.

8 secondes de différence, c’est quoi ? Une gorgée de café ou deux ? En prenant un démarrage par jour pour un utilisateur « lambda », ça fait quoi au bout de 365 jours ? 48 minutes gagnées par an, c’est vrai, c’est négligeable au final 😀

Mieux vaut casser l’affichage en proposant une version instable de MesaGL que d’utiliser une technologie moins testée – il est vrai que les utilisateurs de Fedora Linux, OpenSuSE, Mageïa, Frugalware Linux et autres ArchLinux sont une minorité – que de remettre en question une technologie plus confidentielle comme OpenRC 🙂

Mais trève de polémiques stériles, attaquons donc le test et récupérons en bon condamné par Hadopipirate… utilisateur d’une technologie à la base de l’internet actuel, à savoir le réseau BitTorrent l’image ISO. J’ai récupéré en bon Gnomiste indécrottable l’image en 64 bits avec Gnome 3.

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Ah, la dictature des apparences…

Le révolutionnaire iPhone 5 est arrivé hier, le 12 septembre. Certains humoristes nord-américian, un brin satyrique, ont voulu voir à quel point le lavage de cerveau marketing pouvait fonctionner.

Ils ont donc simplement présenter un iPhone 4s (le dernier disponible actuellement) le présentant comme un iPhone 5. Le hic ? Le prochain modèle n’étant en vente qu’à partir du 20 septembre environ.

Merci à Numérama pour l’article d’origine.

Cependant, ça m’a fait me souvenir d’une vidéo posté début 2009, où deux journalistes de la branche australienne de ZDNet avait montré un KDE SC 4.2 et l’avait présenté comme la béta de ce qui allait être vendu comme MS-Windows 7

Et tout le monde était tombé dans le panneau…

2009 ? 2012 ? Les gens tombent très souvent dans le panneau. Faut-il en rire ? Ou en pleurer ?

A vous de juger sur pièce.

Après SecureBoot, l’intégration d’udev dans systemd sera-t-elle la source d’une nouvelle balkanisation des distributions GNU/Linux ?

Dans un article posté sur Chatinux, je parlais de la balkanisation que les distributions GNU/Linux allait subir avec la généralisation de la technologie SecureBoot et le support par les distributions. Je ne reviendrais pas sur la polémique, cette technologie est pour moi une mauvaise réponse à une bonne question.

Dans l’article en question, je disais :

Car outre les deux [Ubuntu et Fedora] qui ont déjà annoncé les moyens mis en oeuvre pour supporter le duo UEFI + Secure Boot, que vont faire les autres ? Que va faire Debian GNU/Linux ? Archlinux ? Frugalware ? Gentoo ? Slackware ? OpenSuSE ?

Va-t-on avoir un clan prenant en charge le SecureBoot, et un clan ne le prenant pas en charge ? Cela serait une bonne chose sur un seul point : cela réduirait de manière drastique le nombre de distributions existantes, au dépend des utilisateurs de distributions alternatives.

En avril 2012, l’équipe en charge de systemd a décidé d’intégrer le code d’udev. Pour les personnes qui ne savent ce qu’est udev, c’est : « un gestionnaire de périphériques remplaçant devfs sur les noyaux Linux de la série 2.6. Sa fonction principale est de gérer les périphériques dans le répertoire /dev. »

En gros, il permet de dire au noyau quels sont les périphériques installés pour les gérer par la suite. Et bien entendu, quand des personnes sont mécontentes d’une évolution, la logique est de faire un fork. Donc, udev a été forké.

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Et un mercredi musical, un :)

Y a des jours on se dit : bah, j’aurais aucun courrier intéressant, ou au mieux que de la publicité. Ce matin, je m’étais levé avec cette idée… Mais après avoir attendu le passage du facteur, j’ai du conclure le contraire…

Et c’est très varié : du rock progressif déjanté, de l’electro-pop gipsy ou encore de la folk-rock classique 🙂

J’ai reçu, par ordre alphabétique :

Autant dire que 5 albums d’un coup, ça fait vraiment plaisir, surtout que je n’ai plus de CDs en attente, enfin presque… J’ai acheté un album « mythique » de la fin des années 1970, d’un certain Gary Numan, « The Pleasure Principle ».

Dont voici l’un des morceaux principaux en live, en 1979, « Down in the park ».

En gros, la même période (à deux ou trois ans près) d’un certain… Klaus Nomi. Autre extraterrestre musical 🙂

Vieux geek, épisode 5 : Ubuntu Dapper Drake, la distribution qui m’a fait arrêter le distro-hopping.

Petite définition : le distro-hopping, c’est l’activité pour un utilisateur de sauter de distribution en distribution jusqu’à trouver la perle rare.

Avril 2006, mon équipement Mac – et oui, j’ai été un utilisateur du coté obscur et fruité de l’informatique – rend l’âme au bout de 14 mois de bons et loyaux services.

C’est alors à l’époque des versions béta de ce qui allait devenir la Ubuntu 6.06 LTS que je l’installe sur un vieux bouzin dont je disais à l’époque : « Encore heureux, j’ai récupéré un vieux PC sous Ubuntu Dapper Drake, mais celui ci est aussi silencieux qu’un Airbus A380 au décollage. » C’était un Pentium 4, avec 512 Mo (ou un Go ?) de mémoire vive, 120 ou 160 Go de disque si mes souvenirs sont bons.

Après un passage très rapide, une semaine sous OpenSuSE 10.1 , je réinstalle la Ubuntu Dapper Drake. Qui me fera migrer sur Ubuntu durant environ 2 ans. Un premier passage sous Archlinux (décembre 2007 à Mars 2008), puis un ultime passage sous Ubuntu (mars 2008 à mai 2009), avant de migrer pour de bon sous Archlinux.

J’avoue que j’ai gardé un souvenir ému de la première version LTS de la distribution proposée par Canonical. J’ai encore le CD en version 32 bits chez moi. Supporté durant 3 ans (sur le bureau) et 5 ans (sur le serveur), elle proposait aux personnes n’ayant pas envie de risquer tous les 6 mois une migration qui aurait pu être « casse-gueule ».

D’ailleurs, à l’époque, la distribution est somme toute assez gourmande. Il est précisé dans le coffret qui est le premier à être proposé uniquement sous la forme d’un liveCD :

System Requirements
To use the Live CD, you must have a PC with at least 256 MB or RAM.
To install Ubuntu, you should have at least 2 GB of disk space.

Je ne me souviens plus trop de la taille des disques dur en 2006, mais ça devait tourner dans les 250 à 300 Go en haut de gamme, non ? 😉

L’équipement logiciel était assez bien développé pour l’époque : OpenOffice.org 2, Mozilla Firefox 1.5, Gnome 2.14.1. Le gros point fort de cette version : un seul et unique média à télécharger. Quelle révolution à l’époque, même si maintenant c’est devenu ultra-banal.

J’ai donc dégainé le CD de la Ubuntu 6.06LTS que j’ai encore dans mes archives, et je l’ai récupéré en utilisant la commande dd :

[fred@fredo-arch ISO à tester]$ dd if=/dev/sr0 of=ubuntu606.iso
1429788+0 enregistrements lus
1429788+0 enregistrements écrits
732051456 octets (732 MB) copiés, 170,114 s, 4,3 MB/s

Et puis, j’ai utilisé qemu-kvm pour relancer ce morceau d’histoire de l’informatique libre.


[fred@fredo-arch ISO à tester]$ qemu-img create -f qed disk.img 32G
Formatting 'disk.img', fmt=qed size=34359738368 cluster_size=65536 table_size=0
[fred@fredo-arch ISO à tester]$ kvm32 -hda disk.img -cdrom ubuntu606.iso -boot order=cd &

kvm32 étant un raccourci pour :

qemu-system-i386 --enable-kvm -m 2048 -k fr -soundhw all -usb

 

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