Unity-2D, nouvelle victime de la limite des 700 Mo ?

La nouvelle a fait beaucoup de bruit. Unity-2D, la version « non accelérée » de l’environnement de Canonical ne sera plus disponible sur le support d’installation.

Florent Gallaire a écrit sur son blog un excellent billet où il crie sa déception face à la décision de Canonical – qui doit savoir mieux que ses utilisateurs – quoi faire de sa distribution, non ?

Et pose une question intéressante :

Mais alors que se passera-t-il lorsqu’un ordinateur n’aura pas les capacités 3D nécessaires à Unity, si l’on ne peut plus avoir recours à Unity 2D ? La solution choisie par Canonical est la même que celle que Red Hat a mise en oeuvre pour GNOME Shell et qui fonctionne depuis Fedora 17 : utiliser LLVMpipe, qui est basé sur Gallium3D, pour émuler en software les fonctionnalités 3D manquantes du hardware.

Ceci implique très logiquement de gros problèmes de performance et, le plus grave selon moi, une compatibilité limitée aux seuls processeurs x86. Or, en plus du Toshiba AC100 et de son processeur ARM, j’utilise aussi de vieux Macs équipés de processeurs PowerPC comme desktop…

Pour info, j’utilise actuellement le pilote nouveau et son extension nouveau-dri sur ma distribution. Qui dépendent d’un certain Mesa 8.0.x, donc du LLVMpipe dont parle Florent sur son blog. Et mis à part un léger ralentissement au démarrage, Gnome Shell fonctionne aussi bien, sinon par endroit mieux qu’avec le pilote nvidia officiel. Mais fermons cette rapide parenthèse.

Une question est pourquoi virer Unity-2D alors qu’il fonctionne partout ? Une réponse possible ? Sa taille. En effet, et dans une tradition digne de Kafka, Unity-2D n’utilise pas GTK, mais QT et Metacity. Et puis, jetons un oeil aux paquets composant unity-2d, dixit le page du projet du launchpad.

J’ai pris les tailles des paquets en 64 bits, car il faut bien se tourner vers l’avenir de l’informatique, non ? 😀

J’ai uniquement donné la taille des paquets indispensables. Les bibliothèques de développement n’étant pas indispensables, je ne l’ai pas cherchée, ainsi que le transitional package.

Total : 1496 + 42 + 42 + 423 + 163 = 2166 Ko, soit 2 gros Mo. Pourquoi le virer dans ce cas ? Parlons des dépendances des paquets cités.

Pour Unity-2d-launcher :

Soit : 904 Ko. Donc, on en est à 3070 Ko. Toujours pas de quoi justifier de virer l’environnement. Passons donc à unity-2d-panel et ses dépendances communes avec Unity-2d-spread :

Total : 668 + 231 + 8860 + 140 + 12475 + 124 : 13638 Ko. Soit 13 Mo.

Le total d’unity-2D ? 3070 + 13638 = 16708, soit un peu plus de 16 Mo. Sans oublier Metacity et son paquet Metacity-common qui rajoute respectivement 867 et 1168 Ko. Donc, si on prend ce qui compose la plus grosse partie d’unity-2D, on arrive à 18743, soit en gros 18,30 Mo. Sur un support qui en pèse 700, ça fait 2,61%. Ce n’est rien 2,61% sur une image ISO. Mais si on veut rester dans les 700 Mo, grapiller 18 Mo ça aide vraiment.

Et il ne faut pas oublier que sur l’ISO officielle, il y a des outils qu’on s’attend à avoir, comme une trousse bureautique, comme LibreOffice… Le coeur de la suite bureautique pesant à lui seul… 117 412 Ko (ou encore 114,66 Mo) soit 16,38% du total d’une ISO de 700 Mo.

Donc entre sacrifier l’expérience utilisateur en ne lui fournissant pas une trousse bureautique dès le départ ou sacrifier un environnement de bureau, le choix est très vite fait si on veut proposer une distribution grand public, non ?

Et comme abandonner le support des symboliques 700 Mo serait un mauvais choix pour de nombreux marchés informatique, on risque de voir encore d’autres logiciels être boutés hors des images ISOs dans les mois et années qui viennent.

Ah, les contraintes du format CD… Ou au moins de sa taille de 700 Mo.

Quand j’ai commencé à m’intéresser au monde des distributions GNU/Linux, c’était vers 1996-1997. A l’époque, il fallait se créer deux disquettes au minimum pour démarrer un système minimal qui permettait de lancer l’outil d’installation.

Les CDs d’installation démarrant tout seul doivent dater de 1999 ou de l’an 2000. Quant aux liveCD, le premier, DémoLinux date de l’an 2000. 12 ans déjà, 4 ans au minimum avant une certaine distribution au nom de code bizarre, Warty Warthog, sorti courant octobre 2004.

Et depuis, sauf pour les distributions les plus gourmandes, une ISO d’installation d’une taille maximale de 700 Mo (capacité maximale d’un CD) est resté l’étalon.

En mai 2010, je parlais du problème de cette taille étalon. En dehors du fait que je pensais – et c’est toujours le cas – que des distributions à publication fixes semestrielles sont difficile à respecter coté stabilité, je parlais de sacrifices nécessaires coté logiciel.

Pour respecter la « sacro-sainte » limite des 700 Mo, on est obligé de faire la croix souvent sur des logiciels phare comme Gimp, ou encore OpenOffice.org.

Or, la publication récente de Linux Mint 9 propose une version en liveDVD qui contient des logiciels comme VLC et OpenOffice.org (assez indispensable de nos jours une suite bureautique) en complément de la version classique.
[…]
Car 6 mois, c’est déjà court pour stabiliser une distribution, et rester dans le cadre du format CD coté taille obligera constamment soit à augmenter le niveau de compression, en utilisant des outils comme xz soit à faire des sacrifices plus ou moins bien compris par les utilisateurs.

Sans le vouloir, j’ai eu le nez creux avec un peu d’avance. Lisant le site PcInpact, je suis tombé sur cet article, « Debian abandonne l’environnement GNOME au profit de Xfce »

Si on s’arrête à la une (comme de nombreuses personnes seraient tentées de le faire), on pourrait se dire : encore un coup dans la tronche de Gnome, mais il faut lire l’article pour tomber sur un morceau intéressant, je cite :

Un changement voulu en grande partie à cause du poids de GNOME qui augmente. Or, les développeurs veulent maintenant un objectif de taille raisonnable pour la distribution, notamment en ce qui concerne la distribution par images ISO de type CD.

D’ailleurs, si on se plonge sur le « commit » qui a mis en place ce choix, le commentaire est très clair.

« This ensures that the desktop will fit on CD#1, which gnome currently does not. » ce que l’on peut traduire par « Cela assurera que le bureau tiendra dans le CD 1, ce que gnome n’est pas capable de faire en ce moment ».

Bien entendu, pour les vieilles machines, avoir un support CD minimal quand on a un réseau de qualité moyenne, c’est l’idéal. Cependant, dans les pays développés ou pour les personnes pouvant faire une installation en réseau, voire mettre un ISO plus grosse que les 700 Mo sur une clé USB, le problème ne se pose pas.

Donc, nous assistons encore une fois à une obligation de trancher dans le vif pour respecter le sacro-saint format de 700M des images ISOs.

Pour combien de temps encore ?

Les distributions « tout-en-un » basées sur ArchLinux sont-elles condamnées à l’échec ou au fork ?

Des distributions tout-en-un basées sur Archlinux, je citerais, et sauf oubli involontaire, les suivantes :

  • La Chakra Linux qui a depuis rompu les ponts avec la distribution mère pour avoir ses propres dépots, pour proposer une expérience KDE aussi « pure » que possible.
  • La Bridge Linux, originellement proposant une base Xfce, mais proposant désormais aussi Gnome et KDE.
  • La ArchBang qui propose une Crunchbang à la sauce Archlinux
  • KahelOS dont la dernière image ISO en 32 bits uniquement date de mars dernier, du moins au moment où je rédige cet article
  • La Manjaro Linux avec une base xfce, qui est moins moribonde que je l’avais pensé à une époque.

Parlons donc des distributions qui sont restées proches des sources, et commençons par la Bridge Linux. Sa version 2012.8 propose un installateur graphique, automatisant au maximum l’installation. Par contre, Grub semble ne pas vouloir s’installer correctement. Problème connu, lié à l’installation de Grub2 apparemment.

Et même en appliquant la méthode proposée sur le fil de discussion, la distribution ne démarre pas… La transition vers Grub2 est toujours un sujet sensible 🙂

Continuer la lecture de « Les distributions « tout-en-un » basées sur ArchLinux sont-elles condamnées à l’échec ou au fork ? »

Vers une informatique de défiance ?

Nous vivons une époque formidable. Mais si ! Depuis des années, on nous parle de sécurisation de l’informatique personnelle. Je suis entièrement d’accord, il faut sécuriser l’informatique, surtout à une époque d’ultra-connectivité.

Cependant, l’énième avatar de cette volonté de sécuriser l’informatique, à savoir la technologie SecureBoot (et l’effet « indésirable » que cela entraînera à terme sur la communauté du libre au plaisir non dissimulée de Microsoft, comme je l’ai exprimé sur un article écrit pour Chatinux), risque de provoquer la naissance d’une informatique où la défiance sera la règle.

Depuis le projet « Palladium » de 2003, tous les efforts pour rendre l’informatique plus sure se résume à rajouter verrous sur verrous, clés sur clés. Depuis la célèbre puce Fritz les efforts ont été constants.

Les verrous numériques ont fait depuis longtemps la preuve de leur inefficacité ou de leur nuisance envers les utilisateurs honnêtes. Les verrous des DVD et des BluRay ont soit été cassés soient contournés. Cette course à l’armement sera sans fin.

Quand on me parle du principe de SecureBoot, qui n’autorise le démarrage que si la clé annoncée par le système d’exploitation est autorisée donc valide, ça me fait penser à une scène du film « Gattaca« .

Dans cette scène, on voit la population « valide » accéder à leurs lieux de travail en se basant sur une goutte de sang, comme une clé pour ouvrir une porte. Des outils vérifient que cette goutte de sang est celle d’une personne qui a le droit d’accès ou pas.

Mais il ne faut pas oublier que d’autres étapes de cette informatique signée existe dejà : par exemple l’AppleStore ou encore la fonctionnalité GateKeeper du futur MacOS-X Mountain Lion.

Car l’informatique dite « de confiance » ne pourra l’être sans une forme minimale de censure. Censure technologique qui sera l’utilisation de clé qui donnera l’autorisation ou non au système d’exploitation de lancer l’application.

D’ailleurs, le principe existe depuis des années sur MS-Windows, avec les pilotes dit WHQL. Cependant, on peut toujours installé un pilote non-WHQL, le système prévenant l’utilisateur.

On ne protègera pas uniquement l’informatique par l’obscurité et l’empilement de verrous plus ou moins solide. Un minimum de pédagogie et d’information est nécessaire.

SecureBoot est une mauvaise réponse à une bonne question : comment éviter que des logiciels vérolés ne démarre sur une machine ?

Et pour finir, je reprendrais la conclusion de mon article sur Chatinux :

Tirons donc notre chapeau à l’enseigne de Microsoft qui en combattant le problème des machines qui pourrait faire démarrer une version frelatée (piratée ?) d’un OS, cela aura comme effet “kiss-cool” de se débarrasser d’un concurrent minuscule : GNU/Linux. Quoique la communauté GNU/Linuxienne s’occupe très bien de son cas toute seule, comme j’ai pu l’écrire sur mon blog personnel, avec un billet teinté d’humour acide.

En voulant conforter l’utilisateur en lui disant : avec telle et telle technologie tu seras à l’abri, cela créera d’abord un sentiment fallacieux de sécurité et engendrera une défiance envers l’outil informatique au final.

Ah, qu’il est bon d’avoir un bouc émissaire…

L’ancien triumvirat téléphonique qui prépare des plans de dégraissage sociaux a décidé que Free Mobile était responsable de cela et aussi de tous leurs malheurs depuis janvier dernier… Tout comme de l’entente illicite qui leur a valu récemment la confirmation d’une amende d’un demi-milliards d’euros, plus connue sous le nom du « Yalta du Mobile ».

Donc, Free Mobile qui en janvier dernier ne proposait que 2 offres. Pour mémoire, cette vidéo aux alentours de la 4ième minute montre la simplicité des offres de l’opérateur Univers Malpropre Mobile SFR. Il est vrai qu’au nom du confort de l’utilisateur, rien ne vaut une démultiplication des offres. Histoire de s’y perdre complètement à la fin, et de mieux siphonner les finances du gentil client.

Et que dire des croches-pieds ? La couverture insuffisante en février dernier, puis la saisine par les syndicats de la téléphonie mobile – hommes de paille des dirigeants du triumvirat historique – du Conseil d’Etat en juin dernier.

Je suis chez Free Mobile depuis janvier dernier. Cela fait donc 6 mois. Pour 15,99€ mensuel, je consomme en moyenne 1 h 30 à 2 heures de voix, 100 à 150 Mo de data et une centaine de SMS. J’avais eu un consommation équivalente auparavant chez BTP Bouygues Télécom. La note ? Pas loin de 70€…

Donc, dans le pire des cas, j’ai déjà économisé 54*6 = 324 €. Si on sort les 99€ que m’a couté mon téléphone nu, donc non subventionné, je suis bénéficiaire au maximum de 225€… Et je suis libre de partir quand j’en ai envie, si j’en ai envie, avec une carence de 10 jours.

C’est donc sur l’arnaque du téléphone subventionné dont on ignore le coût réel que Free Mobile a décidé de contre-attaquer, et SFR (qui lui a mis pas mal de bâton dans les roues) se prend une plainte en pleine face. Juste retour du bâton ?

Je cite :

Une grande partie des opérateurs mobiles, dont les trois historiques France Télécom, Bouygues Telecom et SFR, subventionnent l’achat par leurs clients de téléphones portables en échange de la souscription d’un engagement de longue durée de 12 mois, ou le plus souvent de 24 mois.

« C’est une façon de faire du crédit à la consommation déguisé (…) sans se soumettre aux contraintes légales », déclare Xavier Niel dans l’entretien à Capital, dont des extraits sont mis en ligne sur le site internet de la publication.

« Cela revient à pratiquer des taux d’usure de 300 ou 400% que le consommateur ne voit pas », ajoute-t-il.

Une question simple vient à l’esprit : dans le cadre d’un bon vieux contrat qui permet de rendre captif un client sur un ou deux ans, combien coûte le téléphone au final ? Et combien coûte le forfait ?

Pour mémoire, j’avais reproduit un entretien avec une « conseillère SFR » en février dernier.

J’ignore quel sera le résultat de la plainte. Mais si cela pouvait permettre de montrer l’arnaque que sont les mobiles subventionnés, ce ne serait pas un mal au final. Free n’est pas le chevalier blanc, mais au moins, chaque fois qu’il a fait des offres, le client a été gagnant au final. Souvenez-vous des offres à 45 € par mois pour de l’adsl nu en 2002…