Piratage, ennemi du logiciel libre, allié du logiciel propriétaire ?

Derrière ce titre volontairement provocateur, je voudrais démontrer une vérité. Le logiciel libre a tout à perdre du piratage.

Mais le plus simple, c’est de dire que le logiciel propriétaire, même s’il critique – avec quelques raisons – le piratage en a extrêmement besoin.

En 1998, un certain William Gates sort la phrase suivante à l’université de Washington :

« About 3 million computers get sold every year in China, but people don’t pay for the software. Someday they will, though. As long as they are going to steal it, we want them to steal ours. They’ll get sort of addicted, and then we’ll somehow figure out how to collect sometime in the next decade. »

Ce qui donne traduit :

« Environ 3 millions d’ordinateurs sont vendus chaque année en Chine, mais les personnes ne payent pas les logiciels. Un jour, ils le feront. Aussi longtemps qu’ils les volent, autant qu’ils volent les notres. Ils en deviendront accrocs, et alors nous verrons comment nous faire payer dans la prochaine décennie ».

Et le principe pourrait être le même pour la musique, même si les intermédiaires que sont les majors jurent du contraire, et se font des testicules en or en vendant de l’excrément – qui a dit Star’Ac ? Nouvelle Star ? – qui finiront la plupart du temps dans un placard au mieux, dans une poubelle au pire.

Il est vrai que le « formatage » est tellement poussé, qu’imaginer qu’il existe quelque chose en dehors de Windows, d’Internet Explorer, Windows Media Player, Nero Burning Rom est inconcevable pour nombre de personnes.

Et c’est surtout un réflexe « moutonnier », être sûr d’être pareil que les autres, bref, se fondre dans la masse.

Après tout, la différence a fait toujours peur. Et il est vrai que dans le monde du logiciel libre, mis à part deux ou trois distributions payantes (RHEL, Mandriva Powerpack, Vector Linux SOHO), le reste est souvent gratuit. Ce qui entretient finalement la confusion entre liberté et gratuité.

Je voulais pousser un petit coup de gueule, car il fallait bien le faire 🙂

Ah, la loi DADVSI 2, alias Hadopi : vers une loi encore plus usine à gaz et inapplicable ?

La loi tirée du rapport Olivennes et qui est une monstruosité juridique a été présentée ce matin en conseil des ministres.

« Ce projet de loi répond à une situation d’urgence, l’économie du secteur culturel et le renouvellement de la création se trouvant menacés par le pillage grandissant des oeuvres sur les réseaux numériques », souligne le compte-rendu du Conseil des ministres.

Le texte crée une Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur l’internet (Hadopi). S’ils constatent que leurs oeuvres font l’objet d’un téléchargement illicite, les ayants droit pourront saisir cette autorité administrative.

Dans un premier temps, elle enverra à l’internaute en faute des avertissements par courriel puis par lettre recommandée pour lui demander d’arrêter.

« Si les manquements persistent en dépit de ces deux avertissements, l’internaute s’exposera à une sanction consistant en une suspension de l’abonnement internet pour une durée de trois mois à un an », indique le compte-rendu. A moins que l’internaute n’accepte une « transaction », auquel cas la durée de suspension pourra être réduite.

La mesure de suspension de l’accès à internet a concentré les critiques des opposants au texte, qui la jugent « disproportionnée ».

Outre la création d’une justice privée à la botte des lobbys du disque et du cinéma, la question se pose : comment savoir qui a téléchargé quoi et quand ?

Ce qui va entrainer un flicage monstrueux des internautes, coupables de piratage jusqu’à la preuve du contraire… Je croyais que sur le plan légal, c’était : « innocent jusqu’à preuve du contraire » ?

Si on se base sur les actions de la RIAA, on risque de tomber sur des affaires cocasses qui montreront qu’une chose : la loi sera une usine à gaz monstrueuse et inefficace.

En effet, des chercheurs d’une université de Washington on fait accuser des imprimantes réseaux ou encore des routeurs wifi d’être des pirates !

La Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet qui accuse une imprimante d’avoir téléchargé le dernier album d’Amel Bent. Ce drôle de scénario pourrait bien arriver, selon une étude (.pdf) de deux professeurs et un étudiant de l’université de Washington. Partant du constat que la bataille entre les ayants droit et les utilisateurs de réseaux p2p s’est durcie, Michael Piatek, Tadayoshi Kohno et Arvind Krishnamurthy ont voulu tester scientifiquement comment les sociétés de surveillance (désignées par la MPAA et RIAA) identifiaient ces internautes pirates. Et ils ont eu des surprises.

Leur principale conclusion : n’importe quel internaute peut être accusé de piratage (et condamné à payer une amende ou à voir son accès Internet coupé) et faire accuser n’importe qui de piratage. Ils ont réussi à recevoir intentionnellement des centaines de plaintes (« DMCA takedown notice ») pour treize machines de l’Université qui n’avaient jamais vu la couleur d’un fichier illégal, dont trois imprimantes et un routeur wi-fi.

Et que dire des procès perdus avec des accusations infondées ?

Une raison de plus de lire l’excellent dossier de Numérama, sur les 10 raisons de rejeter la loi Hadopi.

Le combat d’arrière garde des marins-pécheurs : baroud d’honneur avant la mise à mort ?

Derrière ce titre volontairement choquant, je voudrais parler de l’autisme (et encore, c’est insulter les victimes d’autisme) des marins-pécheurs.

Leur litre de gasoil à 40 centimes d’euros est une irresponsabilité monstre. Le pétrole – victime actuellement de spéculation – est une matière première qui n’est pas renouvelable, et dont il faudra s’habituer à payer à son vrai prix, très cher.

Le problème est que les marins pécheurs utilisent des moteurs qui sont des gouffres à gasoil : jusqu’à 1000 litres par jour… Je me demande combien consomme un camion de transport routier par jour, tiens.

Le problème est que la profession – qui se suicide médiatiquement – ne veut pas entendre qu’ils sont trop gourmand coté carburant. Soit ils se remettent en question, soit ils meurent.

Mais il est à craindre que l’inertie de la profession face à la peur de se remettre en cause ne risque de les condamner à mort à court terme…

Bientôt la fouille corporelle a l’entrée des salles de cinéma ?

Simplement que certains lobbys du cinéma vont finir par demander cela, ne pouvant pas demander purement et simplement l’interdiction de l’internet, ce qui serait un peu gros.

Pourquoi ?

Il suffit de lire cet article de Numérama :

une copie pirate du dernier Indiana Jones est déjà proposée en téléchargement sur certains newsgroups et sites de liens BitTorrent. De mauvaise qualité, la copie est une version française filmée en salle (CAM), encodé en XviD en 572×240, avec une piste audio MP3 de 128 kbps. Le tout fait 1 heure et 55 minutes et pèse 700 Mo.

Maintenant, faudra-t-il faire une sortie commune DVD et sortie en salle pour éviter la propagation de copie « pirate » ?

En tout cas, je suis en train de me pisser de rire dessus en imaginant la tête des responsables du festival de Cannes…

Il faut s’imprimer des idées simples dans le crâne en relation le prix du carburant.

Devant le corporatisme débile et conjoint des pêcheurs, taxis et chauffeurs routiers, qui ne VEULENT PAS comprendre que leur comportement et leur outils sont des gouffres à carburant et qu’ils sont par définition condamné à terme, il faut une nouvelle fois répéter quelques idées :

  1. Le pétrole ira en se raréfiant, et cela, on n’y peut rien.
  2. L’essence et le diésel seront de plus en plus cher au fur et à mesure du temps.
  3. Un litre de gazole détaxé à 0,40 € est un crime car c’est une incitation à polluer l’air et à produire du gaz à effet de serre.
  4. Des métiers ont disparus suite à l’évolution des technologies. Cf le mouvement luddiste.
  5. On ne peut pas puiser éternellement dans les ressources, aussi bien minérale que vivante.
  6. Vouloir jouer le blocus sur le carburant finira par provoquer une intervention de l’armée pour débloquer la situation, même si cela est suicidaire en terme d’images.

Bien que je n’aime pas employer le terme d’otage qui est dévoyé de nos jours, un blocus des raffineries et des dépots de carburant serait une déclaration de guerre envers les personnes qui ont besoin de leur véhicules à énergie fossile (qui tourne avec un dérivé du pétrole) pour travailler.