Les implémentations de libre d’Adobe Flash : une guerre perdue d’avance ?

Derrière ce titre un peu provocateur se cache une réalité. Les implémentations libres d’Adobe Flash sont très moyennes et encore, je suis très gentil.

Depuis l’annonce de la fin du support programmée d’Adobe Flash pour linux en dehors de Google Chrome / Chromium (annoncée en février 2012, l’abandon sera effectif en février 2017), elles n’ont pas su prendre le taureau par les cornes et réussi à se développer plus rapidement. En mai 2014, je traçais déjà un bilan peu flatteur de la situation.

J’ai abandonné Adobe Flash pour mon utilisation courante depuis juin 2014, et je n’ai pas ressenti l’obligation de réinstaller cette technologie. Le seul site qui ne fonctionne pas en HTML5 parmi ceux qu’il m’arrive de fréquenter ? Un certain service de musique en ligne du nom de… Deezer. Pas une grande perte dans l’absolu donc 😀

Pour Gnash, la situation est mauvaise. Outre le fait que j’ai laissé tomber la maintenance du port de de la version de développement de Gnash à cause d’un bug qui est ouvert depuis septembre 2014 à cause d’une version trop récente (merdre, comme dirait Ubu) des bibliothèques Boost, le port avance très très lentement.

Voici une capture d’écran en date du 17 novembre 2014 de la page de suivi de développement de Gnash, situé à l’adresse http://git.savannah.gnu.org/cgit/gnash.git.

Aucun ajout depuis le 26 octobre, soit environ 3 semaines. Quant au bug lié aux bibliothèques boost, son correctif n’a vécu que quelques heures sur le code du greffon implémentant Adobe Flash. Sans oublier que la dernière version stable de Gnash est sortie le 15 février 2012… Juste deux ans et demi sans la moindre nouvelle version stable.

Parlons de lightspark, grand concurrent de Gnash. Sa dernière version stable est sortie en mars 2013, et son développement est aussi rapide qu’une tortue rhumatisante à trois pattes…

En effet, voici la capture d’écran de la page github qui s’occupe du code de développement de Lightspark, situé à l’adresse https://github.com/lightspark/lightspark

26 jours sans le moindre ajout au 17 novembre 2014. Le dernier concernant le support des compilateurs proposés par LLVM 3.5.

Dans un vieil article de 2007, Antistress expliquait d’une manière fleurie pourquoi Adobe Flash était une technologie à éviter.

7 ans plus tard, le message est intéressant à relire. Même s’il y a encore quelques mois, je ne pensais pas pouvoir me passer d’Adobe Flash, la montée en puissance des technologies liées à HTML5 m’a montré mon erreur.

Maintenant, combien de temps avant que les codeurs n’arrête l’acharnement thérapeutique sur Gnash et Lightspark ? Je l’ignore.

Mais si vous voulez vous débarrasser d’Adobe Flash sous Linux, utilisez soit un Mozilla Firefox récent, soit Chromium. La balle est désormais dans votre camp.

11 réflexions sur « Les implémentations de libre d’Adobe Flash : une guerre perdue d’avance ? »

  1. Il serait tout de même dommage de ne plus pouvoir jouer aux jeux en Flash par exemple, ne serait-ce que pour le côté historique. As-tu déja testé Shumway? Il semble promis à un meilleur avenir, et il est surtout bien plus actif!

  2. Encore un combat de perdu, un combat qui n’a jamais été très important pour ceux qui font le libre. Pourtant il y de quoi faire mais la fsf et les autres préfère nous pondre des firefox libres et autres duplications de mozillas seulement pour un nom et une icône non libre (plus je l’accorde quelques autres subtilité).
    C’est vrai que flash est moins utile surtout depuis html5, mais reste encore des paquets de site en flash et des jeux!
    Est ce encore un combat de perdu pour le libre?

    1. Pour respecter les quatres lois du logiciels libres, et rester compatible FSF. Les jeux en ligne ? Mis à part les trillions de clones de tetris et autres classiques du genre, quels sont les titres inventifs ?

      Et ne soyons pas si méchants envers la FSF. Sans elles, pas de gcc, binutils, nano, emacs (pour les fans), etc…

    2. Salut,
      Concernant les versions libres de firefox :
      Iceweasel sous Debian n’est une simple implémentation libre.
      Debian a besoin de faire des correctifs de sécurité des qu’une faille est connue. Or mozilla n’accpte pas que l’on modifie le code de firefox sans leur faire remonter d’abord les modifications. Debian ne peut attendre des délai car il est utilisé sur des machines critiques souvent. D’où leur impossibilité d’utiliser le nom firefox. (Simple question legale.)

        1. Non pas d’exemple mais je suis tombé sur discussion sur les forums de debian sur le pourquoi l’existence de iceweasel. Les bugs sont remontés a mozilla au final mais ils ne veulent pas attendre c’est en substance ce que j’ai compris.

          1. Sans oublier que la Fondation Mozilla veut éviter que tout et n’importe quoi soit publié sous le nom de Mozilla Firefox.

            Quant à attendre, vu la politique de stabilité de Debian GNU/Linux et d’avoir des logiciels parfois très peu récent, c’est un peu étrange.

            Je ne me souviens pas que la Fondation Mozilla ait lésiné sur les mises à jour de sécurité. A moins que ce ne soit des patchs propres à Debian, donc un blocage au final, lié au fait que la Fondation Mozilla propose un logiciel qui fonctionne sur toutes les distributions GNU/Linux, MS-Windows, MacOS-X et non pas uniquement Debian.

            Simple hypothèse de ma part.

          2. Mon hypothèse est que certains bugs ne sont corrigés que dans la nouvelle version, or la stabilité de Debian imposait avant que Firefox ne change pas de version durant le cycle d’une version Debian.

  3. J’ai banni flash depuis longtemps et habitant en Angleterre je suis privée du BBC iPlayer et de toutes les vidéos sur le site de la BBC, car le html5. ils ne connaissent visiblement pas.
    Mais bon, il faut savoir quelles idées on défend.
    Adobe c’est quand même un gros fouineur: attention à vos ebooks http://tinyurl.com/ltkvv7f

Les commentaires sont fermés.

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