L’industrie du livre se croit-elle encore dans les années 1990 ?

Tout commence par le conseil d’un ami portraitiste qui me me conseille le bouquin d’une connaissance, « Les pigments d’éternité » de Philippe Nonie.

Alléché par le quatrième de couverture, je vais donc sur Amazon, et j’avoue que je suis attéré en voyant le prix proposé pour la version numérique, celle qui m’intéresse au premier abord.

Mais j’ai vite déchanté. Un fichier numérique DRMisé (ce qui existe aussi sur les autres plateformes de ventes de livres numérique, ce qui est une hérésie, pourquoi ne pas imposer tant qu’on y est une paire de lunettes avec chaque livre vendu pour les déchiffrer ?), d’à peine 420 Ko. Soit le tiers d’une disquette 3,5 pouces pour PC, pour les personnes ayant connu cette époque éloignée.

Amazon - Bouquin de Philippe NonieLa capture d’écran est claire : 14,42 € pour un fichier ! Au fou ! Quel manque de réalisme ! Surtout que le livre en question en version papier coute 19 €.

Je dois être particulièrement malformé au niveau du cerveau pour considérer qu’un bouquin numérique devrait au maximum être au prix du livre de poche, soit dans les 5 €.

Quels sont les frais d’impression d’un livre numérique ? De papier ? De reliure ? De stockage ? Nul – au sens étymologique du terme – me semble être la bonne réponse.

L’industrie du livre reproduit les mêmes bétises que l’industrie du disque : vendre à des prix honteux et sans aucune explication autre que le fallacieux : « faut bien financer des nouveaux talents », alors que les frais de productions sont proche de zéro.

Qu’on me comprenne bien, je ne suis pas contre les auteurs, étant moins même un écrivaillon qui essaye de pondre mille mots par jour, et si possible tous les jours.

Cependant, il est inconcevable et franchement idiot de vouloir vendre un fichier au prix d’une version physique qui nécessitent des frais de fabrications, de manutention et de stockage.

L’industrie du livre ne s’aperçoit pas – ou se masque les yeux – devant son propre suicide.

Je terminerai ce court article avec une citation de George Santayana : « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter. »

Dommage pour Philippe Nonie, mais je n’achèterais pas son livre, même s’il était excellent. Je considère que payer plus de 5 € pour un livre électronique, c’est du vol pur et simple. Et mieux vaut faire une vente à 5 € qu’aucune à 14,42 €.

Kindle ? L’outil qui m’a redonné envie de lire plus régulièrement

Cela fait moins d’une journée que j’ai la Kindle chez moi, et je dois dire que c’est le coup de coeur. J’avais déjà vu l’affichage en encre électronique sur des tablettes concurrentes, mais j’avoue que j’avais toujours voulu prendre une Kindle.

N’ayant pas besoin d’une tablette en version tactile, j’ai pris le modèle « classique » à 2 Go. Et j’avoue qu’après une prise en main un peu longue (la partie la plus longue étant la mise en route de la connexion wifi), ce n’est que du bonheur.

L’affichage est agréable, reposant, on peut lire une heure à la suite sur une kindle avec la même fatigue visuelle que sur un livre papier, mais il y a une différence de taille : le regard est concentré sur une seule page, ce qui permet une lecture plus « productive », car le regard n’a pas tendance à se déporter sur la page que l’on a pas encore lu.

Coté dimension, c’est un gros livre de poche. J’ai été surpris par son silence, sa légèreté et la qualité de l’affichage. C’est comme si un livre était défait page par page, puis inséré derrière l’écran de la tablette.

Cependant, tout n’est pas rose, et les principaux points noirs sont :

  • Le prix des livres électroniques… Pourquoi des livres à 15 – 18 € en version numérique (donc sans frais d’impressions, de stockages, de reliure) alors que la version physique est à 18 – 22 € ?
  • L’absence du support du format ePub, même si j’ai pu trouver un logiciel pour convertir les livres en format lisible par la kindle.

Points positifs ?

  • La capacités de stockage : j’ai une trentaine de livres au format numérique (merci les classiques à 0 €), et il me reste encore 1,3 Go sur les 2 de la tablette.
  • La récupération instantané des livres si on passe par la connexion wifi.
  • La kindle qui se comporte comme une « bête » clé USB quand on la connecte à son ordinateur, ce qui rend la Kindle compatible avec Linux, ce qui est pas si mal que cela.

Dès que les livres numériques ne seront plus à prix exorbitants (cela sent une entente entre les éditeurs pour ne pas baisser les prix, comme l’entente des 3 grands de la téléphonie mobile française à une époque), la Kindle sera un outil des plus répandus.

En vrac, spécial bétise humaine.

Je m’étais promis de ne pas faire de billets sur ces sujets, mais c’est trop tentant.

Y a pas grand chose, mais mieux vaut prévilégier la qualité à la quantité. Enfin, c’est une façon de parler, hein 🙂