Vieux geek, épisode 419 : Lotus-1-2-3, la killer app qui a imposer le PC comme ordinateur sérieux.

Lotus 1‑2‑3, lancé en 1983, a été le logiciel qui a fait décoller le PC d’IBM. À une époque où MS‑DOS débutait et où la bureautique était encore primitive, ce tableur écrit en assembleur – excusez du peu, la réécriture en langage C ayant commencé avec sa version 3.0 – a apporté vitesse, stabilité et efficacité. Les entreprises achetaient des PC pour l’utiliser, tout simplement. Comme jadis quelques années auparavant, les Apple II se vendaient pour faire tourner Visicalc, le premier tableur.

L’interface était minimale : écran texte, menus accessibles via /, navigation 100 % clavier. Pas de souris, pas de fioritures. Lotus proposait trois fonctions essentielles : un tableur solide, une petite base de données, et des graphiques simples mais suffisants pour les besoins professionnels de l’époque.

Les versions DOS se sont succédé — 1.0, 2.x, 3.x, puis 4.x — en améliorant les macros, la gestion mémoire et la compatibilité vidéo, tout en conservant la même philosophie : aller droit au but et exploiter au maximum le 8088. Il y a eu même deux versions pour OS/2, en 1990 puis en 1993, c’est dire l’influence du logiciel.

Le déclin commence avec Windows 3.x et l’ascension d’Excel. Lotus tarde à migrer, perd son avance, puis est absorbé par IBM en 1995. Le logiciel survit encore quelques années, mais son rôle historique est déjà joué. Excel devient un rouleau compresseur, surtout grâce à son intégration aux différentes versions de la suite bureautique MS-Office.

J’ai réussi à installer Lotus 1-2-3 2.x dans Dosbox-X avec un processeur 8088, un MS-DOS 3.3, un affichage CGA. Un peu galère mais j’y suis arrivé 🙂

C’est une relique austère mais essentielle : le premier vrai « killer‑app » du PC, celui qui a transformé une machine professionnelle confidentielle en standard incontournable… Bien avant qu’avoir plus de quatre couleurs à l’écran en simultané ne soit une nuisance pour le potentiel ludique de la gamme d’ordinateur créé par IBM et les cloneurs.

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