Chronique d’un ex‑enfant de la télé : comment j’ai largué le petit écran sans même m’en rendre compte…

Il fut un temps — oui, je sais, ça fait vieux con et je l’assume — où le téléviseur était le centre de gravité de mes journées. Pas seulement un meuble, pas seulement un écran. Le truc autour duquel on organisait les soirées, les repas, parfois même les devoirs. J’étais un enfant de la télé, un vrai, un pur, un qui connaissait les grilles de programmes par cœur – ou presque – et qui attendait le générique de fin comme d’autres attendent la messe du dimanche.

Et puis, comme souvent, ce qui semblait éternel a commencé à se fissurer. La rupture n’a pas été brutale. Pas de scène dramatique, pas un larmoyant « c’est fini, je te quitte ». Non. Juste une érosion, lente mais irrévocable : D’abord, j’ai commencé à rater des émissions. Ensuite, ne plus savoir le programme de la soirée. Ne plus reconnaître les animateurs et animatrices interchangeables. Et passer un ou plusieurs jours sans allumer le petit écran.

Et un matin, en passant devant l’écran éteint, j’ai réalisé que je n’avais plus changer les piles de la télécommande depuis une éternité. Le divorce était officialisé, consommé. Au profil du grand nain ternet. Quand le web est arrivé, j’ai compris qu’il allait changer pas mal de chose…

Loin du formatage du petit écran, le choix et la pluralité d’opinions revenait en force, même s’il fallait faire du tri. On était loin avec la toile de ces émissions de variété clonées les unes sur les autres. Plus de rires en boite, plus d’animateur qui pour faire rire fout des nouilles dans le slip d’un chroniqueur. Un vent de fraîcheur donc.

Soyons francs : la télévision actuelle ressemble à un musée de cire, comme le musée Grévin. Tout brille, tout est lisse, tout est calibré. Mais rien ne vit vraiment. Les chaînes généralistes se battent pour des parts d’audience qui fondent comme neige au soleil. Les débats sont des pugilats organisés. Les séries françaises tentent d’imiter Netflix avec dix ans de retard.

Et les pubs… ah, les pubs. Toujours plus longues, toujours plus bruyantes, toujours plus absurdes. Et quand on a goûté au bloqueur de publicités sur la toile, difficile de ne pas imaginer en avoir un pour le petit écran.

Un jour, j’ai pris une décision simple : débrancher la télévision. Pas par militantisme. Pas par snobisme. Juste parce qu’elle ne servait plus à rien. Et vous savez quoi ? Rien n’a changé. Le monde a continué de tourner. Je n’ai rien raté.

Ou plutôt si : j’ai raté des pubs, des talk-shows criards, des émissions de plateau interchangeables. Rien d’indispensable donc.

Je garde une vraie tendresse pour la télé de mon enfance. Les génériques kitsch, les soirées thématiques, les dessins animés du mercredi matin, les films du dimanche soir. J’ai eu l’occasion d’en parler dans diverses séries d’articles sur mon blog.

C’était un monde. Un monde qui a existé, qui a compté, mais qui n’est plus. Aujourd’hui, je ne regrette pas la télévision.

Je regrette l’époque où elle avait encore quelque chose à dire. Vous trouvez que je suis dur ? Je suis juste désintoxiqué au point d’ignorer les séries à la mode. Simplement, car je m’en fous. J’ai autre chose à faire de mon temps libre !

8 réflexions sur « Chronique d’un ex‑enfant de la télé : comment j’ai largué le petit écran sans même m’en rendre compte… »

  1. Aujourd’hui, je ne regrette pas la télévision.

    Je regrette l’époque où elle avait encore quelque chose à dire.

    Voilà , j’ai recopié ces deux Phrases que BEAUCOUP auraient prononcé !

    Je me souviens de ce que mon Grand – Père nommait : les Japoniaiseries …

    Les Mangas de qualités graphiques et scénaristiques inégales …

    Je me souviens de Films des Années 70/80 , du Nouvel Hollywood …

    Je me souviens d’Emissions Culturelles , même ( entre guillemets ) , réservées sur certaines Chaînes …

    Je me souviens des Années 90 avec les Inconnus , Monsieur Manatanne : https://youtu.be/58iEc4LFQa0 , Groland , Et Canal + avec le Tandem De Caunes/Garcia …

    Le pire côtoyait le meilleur , mais le Grand Tournant , c’est , Loft Story , en 2000 …

    La Business est devenu une fin en soi et la Médiocrité , la Règle …

    Jusqu’en 2007 , il y avait un petit espace un peu subversif avec Taddei , Ruquier …

    En 2011 , j’ai quitté le Domicile Familial et Dame Télé …

    Une bonne partie des Programmes , on les retrouve sur Youtube , mais , c’est sur cette Plateforme que n’importe qui peut envoyer son contenu …

    Histoire , Economie , Vulgarisation Scientifique …

    Le Business n’a pas encore ( entre guillemets ) , pleinement domestiqué et discipliné cet espace …

    Ce qu’il fera peut-être avec l’I A : 95 % des Contenus seront des Vidéos de Chats …

  2. J’adorerais pouvoir (durablement) faire de même, si les parents n’étaient pas des accros finis aux JT et jeux de Reichmann et de France 3, sans oublier les matinales dès le petit-déjeuner (oui, la première chose qu’ils font en se levant est d’allumer la télé, et ils trouvent ça normal)…

    Je ne parle pas des fictions du soir de FTV, et parfois d’Arte et M6, car on va dire que ça ne compte pas, puisque je les regarde aussi (encore que maintenant, avec les replays et autres diffusions en avant-première, on peut les regarder à une heure plus raisonnable que celle de diffusion linéaire). Maintenant, le jour où ils ne seront plus là, c’est pas dit que je continue (ou alors, seulement pour finir les séries déjà en cours que j’apprécie, et certainement pas en linéaire).

    Déjà, lorsqu’ils sont en voyage ou en excursion pour la journée, je la laisse éteinte tant que j’ai pas de vidéo à voir (toujours mieux sur un écran de 81 cm/32″, plus spacieux que celui d’un PC).
    Le reste du temps, je fais de la résistance (surtout envers les JT : j’en peux plus de voir et entendre parler de guerres, catastrophes naturelles aux causes artificielles et autres politocards malfaisants) en refusant de regarder l’écran quand c’est l’heure des repas, et en mettant des bouchons d’oreilles. C’est un pis-aller, mais qu’est-ce que ça fait du bien de ne plus subir ces tombereaux de nouvelles toujours plus déprimantes et autres faits divers sordides, trois fois par jour, tous les jours ! Si je veux de l’info sur tel ou tel sujet véritablement intéressant, je saurai où la trouver (et souvent, longtemps avant qu’un 13/20h en parle enfin).

  3. Autrefois, la télévision était une fenêtre grande ouverte sur le monde. Depuis Loft Story, elle est devenue un hublot qui donne sur le local poubelle…

    1. LOL, alors il est temps de sortir les poubelles.

      moi, ça fait des années que je n’ai plus eu la tv chez moi.
      Et je suis toujours vivant et en bonne santé mentale.

  4. Bonjour, moi c’est la pub qui me fait renoncer à regarder certaines chaînes de la TV, c’est déjà énervant entre deux émissions mais c’est encore plus ennuyant durant un film coupé plusieurs fois.
    A pluche.

  5. Je vais te donner une petit anecdote:
    En suisse, depuis que le « replay » existe, j’ai pris l’habitude d’enregistrer mes emissions et de les regarder à un autre moment afin de « sauter » la pub en avance rapide.
    Maintenant, il n’est plus possible de le faire dans certains cas. Si tu veux avoir la possibilité de « sauter » la pub, tu dois payer une option spéciale en plus à 8.90 par mois.
    Capitalisme quand tu nous tiens.

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