Souvenir d’un vioque, épisode 4 : Le tableau noir et la craie, incontournable dans les années 1980.

Le tableau noir, c’était un bloc de bois et d’ardoise, un peu cabossé, un peu terne, mais diablement vivant. On y écrivait avec de la craie, cette petite baguette blanche qui se cassait dès qu’on appuyait trop fort. Elle crissait parfois, faisant grincer des dents des générations d’écoliers. Mais elle avait ce charme tactile que les écrans n’auront jamais.

La poussière de craie, c’était presque un personnage à part entière. Elle s’accrochait aux doigts, aux manches, aux cheveux. Elle formait un petit nuage quand on effaçait trop vite, un nuage qui sentait l’école, le sérieux, l’effort. Sans oublier les séances de frappe avec les brosses à effacer sur les murs et les troncs d’arbres. Gare aux personnes allergiques à la dite poussière, c’était une arme de destruction massive à elle-seule.

Maintenant, on a des tableaux interactifs, des stylets numériques, des surfaces qui brillent plus que les yeux d’un élève le dernier jour avant les vacances. C’est pratique, oui. C’est propre, oui. C’est moderne, évidemment.

Mais c’est froid. Ça ne crisse pas, encore heureux ! Ça ne laisse pas de traces sur les doigts.

On a troqué la poussière contre des pixels, la craie contre des menus déroulants. Et on a perdu ce contact physique avec les tableaux noirs, et notre peur qui torturait les intestins quand on était appelé à corriger un exercice de maths en direct avec le ou la prof qui semblait dégager une dose de sadisme. Voir souffrir l’élève, c’était un plaisir de fin gourmet à l’époque.

Et un lâche soulagement quand on n’était pas appelé. Il fallait juste le cacher, rester discret.

Aujourd’hui, tout est propre, net, calibré. Mais parfois, juste parfois, on aimerait réentendre ce petit tchik-tchik de la craie qui court sur l’ardoise… Ou pas !

Souvenir d’un vioque, épisode 3 : Ah, l’écriture cursive.

Ici, je revisite le cauchemar de mes années d’école primaire, au début des années 1980. Le cauchemar a commencé lors de mon année de CE1, quand ma maitresse de l’époque – qui doit avoir dans les 75 ans maintenant – nous introduisit à l’écriture en cursive, tout en rondeur, une vraie torture à reproduire.

Au lieu d’utiliser l’écriture baton qui donne des résultats plutôt lisible, ici on attaque une forme d’écriture avec certaines majuscules bizarres – oui je pense au t – et qui te faisait prendre trois fois plus de temps pour écrire une simple phrase.

C’est en fouillant sur le grand nain ternet que je suis tombé sur un site proposant cette écriture avec des polices dédiées, dénommées marelle. Après avoir récupéré les polices et les avoir copiés dans le répertoire c:\windows\fonts que j’ai lancé mon ami LibreOffice writer.

J’en ai profité pour enregistrer une courte vidéo montrant la police en action. Et mes souvenirs de CE1 m’ont submergé à nouveau… Et c’était pas agréable. Mais jugez par vous même.

Si vous avez eu des sueurs froides en revoyant ce genre d’écriture, rassurez-vous, vous n’êtes pas seul ici. Désolé pour le traumatisme engendré, mais il fallait bien percer l’abcès.

Sur ce, bonne fin de journée.